Ferrara "ne peux se permettre d'être en cavale"

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Ferrara "ne peux se permettre d'être en cavale"
Antonio Ferrara cumule déjà 41 années de prison et sait qu'il n'en sortira pas avant 2035.
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Évoquant sa paternité, le "roi de la belle" a tenté de convaincre la cour qu'il avait "muri". 

C'est avec un large sourire qu'Antonio Ferrara est entré mercredi matin dans le box des accusés. Après neuf années consécutives de prison et à quelques jours de devenir papa, celui qui est surnommé le "roi de la belle" est jugé en appel par la cour d'assises de Paris pour le braquage du bureau de poste de Joinville-le-Pont, dans le Val-de-Marne, en juillet 1999. Mais pour Antonio Ferrara, l'issue de ce procès ne changera pas grand-chose, puisqu'il cumule déjà 41 années de prison prononcées à son encontre.

Il n'a pas même encore commencé à purger les peines pour ses deux évasions, dont la plus spectaculaire, en mars 2003, avait été menée par un commando lourdement armé. L'air radieux et détendu, Antonio Ferrara, qui sait qu'il ne sortira pas de prison avant 2035, a en quelque sorte fait le point sur son parcours judiciaire mercredi lors de la première audience.

Ferrara clame son innocence

Antonio Ferrara est apparu serein et assagi. Tout comme son co-accusé Issa Traoré, "Nino" clame son innocence. Il dit n'avoir "absolument pas" commis le braquage de Joinville-le-Pont. "Je ne sais même pas si j'étais sur le territoire français à ce moment-là!", a-t-il précisé. "J'ai pas toujours tout contesté, vous savez", se défend-il devant les jurés parisiens, avant de rappeler qu'il avait reconnu par exemple sa participation au hold-up d'une banque à Soisy-sur-Seine en 1997.

Les cheveux ras, le sourire toujours aussi large pour cette énième comparution devant les assises, Antonio Ferrara a tenté de convaincre la cour qu'il avait mûri. "En 2010, j'avais encore de hautes ambitions qui ne sont plus les mêmes qu'aujourd'hui", confie-t-il au président Olivier Leurent. "Je ne peux me permettre d'être en cavale pour vivre cette liberté-là", explique-t-il, faisant référence à sa paternité, qui devrait arriver dans quelques jours.

Le détenu modèle, décrit par les surveillants comme "poli" et "jovial", et devenu "coiffeur auxiliaire" à la centrale de Lille, a laissé batailler son avocat, Me Eric Dupond-Moretti. A coups de boutoir, ce dernier a bousculé un enquêteur sur la téléphonie qui mettrait en cause Antonio Ferrara.

"Un petit peu de nostalgie"

"Il attend cette dernière échéance judiciaire avec un petit peu de nostalgie", avait expliqué avant l'audience Me Lionel Moroni, son avocat, à Europe 1. "Dans ce lourd parcours judiciaire qui est le sien, c'est l'ultime procès", a-t-il souligné, affirmant que cet "innocent public numéro un" était "totalement innocent" dans un certain nombre d'affaires.

De ce tout dernier procès, Antonio Ferrara espère un acquittement pour l'honneur. Il faut dire aussi que les faits qui lui sont reprochés datent d'il y a 13 ans. Et le butin du braquage s'était avéré bien maigre à l'époque, 40.000 francs, soit un peu plus de 6.000 euros. Le verdict est attendu le 16 mai.