Faut-il clouer tous les avions au sol ?

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Faut-il clouer tous les avions au sol ?
@ REUTERS
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Après des premiers vols-tests concluants, prend-on trop de précautions ?

Le principal syndicat de pilotes d'Air France, le SNPL, a réclamé dimanche des "éléments tangibles et concrets" pour déterminer si le nuage de cendres qui paralyse le trafic aérien en Europe pose bien un problème pour la sécurité des vols. Depuis la réussite de plusieurs vols tests, effectués par différentes compagnies aériennes, les critiques mettent en doute la dangerosité réelle du nuage de cendres et demandent un rétablissement du trafic aérien.

La paralysie du trafic aérien pourrait d'ailleurs toucher à sa fin prochainement, puisque les cendres crachée par le volcan islandais Eyjafjöll ont nettement diminué . "Actuellement, l'éruption a diminué nettement", a déclaré lundi Bryndis Brandsdottir, sismologue au département de géophysique de l'Université d'Islande.

"Le principe de précaution en première intention, c'est très bien", a dit Erick Derivry, porte-parole du Syndicat national des pilotes de ligne. "Mais ce principe de précaution doit ensuite être étayé, infirmé ou confirmé. Or, on n'a aucun élément concret aujourd'hui", a-t-il poursuivi. "Les cas les plus significatifs de dommages causés par de la cendre se sont produits dans des zones où cette cendre était très concentrée. Il faut "analyser ce qui se passe effectivement dans l'atmosphère" pour savoir si le danger est bien réel, selon Erick Derivry.

"Nous ne transigerons pas sur la sécurité"

"Selon les prévisions météorologiques, la moitié des vols prévus sur l'Europe pourraient être effectués demain, mais nous ne transigerons pas sur la sécurité", a affirmé dimanche à Bruxelles le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes, Diego Lopez Garrido. La sécurité demeure en effet la priorité des autorités nationales et européennes.

"On en fait jamais assez en matière de sécurité", a renchéri le secrétaire d'État chargé du Commerce et du Tourisme Hervé Novelli, lundi matin sur Europe 1. "Je ne pense pas que nous prenions trop de précautions", a ajouté Patrick Gandil, le patron de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) . "Nous essayons collectivement d'alléger les contraintes autant qu'il nous est possible", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre François Fillon doit réunir à Matignon, lundi à 15h, les ministres concernés par la gestion des conséquences du nuage de cendres.

Les compagnies aériennes veulent redécoller

La principale association des compagnies aériennes européennes et celle des gestionnaires d'aéroports ont réclamé dimanche une "réévaluation immédiate" des restrictions de vols imposées en Europe, jugées excessives. "On peut dire qu'ils sont interprétés de manière un peu plus rigoureuse en Europe qu'aux Etats-Unis", a reconnu un haut responsable d'Eurocontrol, Brian Flynn.

"La situation devient intenable" pour les compagnies aériennes et pour leurs passagers bloqués à l'étranger, a ajouté dimanche le commissaire européen chargé des Transports, Siim Kallas. Cette paralysie du trafic aérien pourrait faire perdre un milliard d'euros aux grandes compagnies aériennes européennes, si bien que le cours de leur action sur les marchés boursiers ont chuté lundi matin de 4% à 5%.

"Pas la moindre égratignure"

Plusieurs compagnies européennes ont procédé à des vols tests durant le week-end. C'est le cas des compagnies KLM, Lufthansa ou Air France. Cette dernière a effectué cinq vols d'évaluation dimanche, qui n'ont permis d'observer aucune anomalie.

Lufthansa et sa concurrente Air Berlin ont par ailleurs critiqué dimanche les autorités pour l'absence de calcul de la concentration de cendres volcaniques dans l'air. Air France a aussi effectué plusieurs vols sans passagers dimanche. Le premier vol, entre Paris et Toulouse, n'a permis de détecter "aucune anomalie", a annoncé la compagnie aérienne dans dimanche après-midi.

Mais la découverte, lundi après-midi, de particules de verre dans le réacteur d'un chasseur F-16 de l'Otan qui a traversé la zone relance le débat. "J'estime que ce n'est pas pour rien que l'espace aérien a été fermé", a commenté un haut responsable américain.

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