Fadettes : Squarcini mouille Péchenard

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Fadettes : Squarcini mouille Péchenard
"Je fais ce que l'on me dit de faire avec les outils que l'on me donne", aurait plaidé Bernard Squarcini devant la juge.@ Maxppp
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Selon des PV publiés par Le Monde, le chef de la police judiciaire était au courant de l'espionnage.

Bernard Squarcini se défend d'avoir agi hors des clous. Le patron du renseignement intérieur, mis en examen lundi, aurait décidé "d'un commun accord" avec le chef de la police nationale, Frédéric Péchenard d'examiner les factures téléphoniques d’un journaliste, selon les informations du journal Le Monde.

L’objectif de cet espionnage était d’identifier la source du journal Le Monde dans l'affaire Woerth-Bettencourt, durant l’été 2010. Cette vérification technique sur les fadettes d'un journaliste du Monde aurait porté sur "quatre jours uniquement", selon le procès-verbal de l'audition de Bernard Squarcini.

"Je fais ce que l'on me dit de faire avec les outils que l'on me donne", aurait plaidé Bernard Squarcini devant la juge Sylvia Zimmermann. A qui les propos attribués au patron de la DCRI font-ils référence ? Les PV d'audition publiés par Le Monde ne permettent pas de le dire. Selon le quotidien, la juge Sylvia Zimmermann estime que la défense de Bernard Squarcini "n'est conforme ni à la lettre ni à l'esprit de la loi".

Squarcini dément les informations du Monde

L’avocat de Bernard Squarcini a cependant formellement démenti mardi le contenu des PV publiés. Selon Me Maisonneuve, Bernard Squarcini a déclaré à la juge que Frédéric Péchenard lui avait "simplement demander d'identifier la source qui avait violé le secret de l'instruction", sans donner de consigne opérationnelle.

"Contrairement à ce qui est publié dans Le Monde, M. Squarcini n'a jamais indiqué que M. Péchenard serait intervenu au niveau de la décision et de la mise en oeuvre de vérifications techniques sur les fadettes" du journaliste du Monde, a fait savoir Me Maisonneuve. L'avocat a dit "envisager de déposer plainte contre X dès maintenant pour violation du secret de l'instruction".

Péchenard entendu prochainement

Pour sa part, Frédéric Péchenard aura l’occasion de livrer rapidement sa version des faits. Le chef de la police nationale est convoqué prochainement comme témoin assisté par la juge pour s'expliquer sur cette affaire. En septembre, il avait assumé avoir demandé à la DCRI "d'identifier le haut fonctionnaire qui, soumis au secret professionnel et ayant un accès direct à des documents confidentiels, divulguait des informations confidentielles".