Expulsion : l’Etat désavoué par la justice

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Expulsion : l’Etat désavoué par la justice
@ MAXPPP
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La France a été sommée d'autoriser le retour d'un Algérien expulsé à l’âge de 71 ans.

Le Conseil d'Etat a enjoint au ministère de l'Intérieur d'autoriser le retour en France d'un Algérien expulsé en mars 2009 à l'âge de 71 ans, après avoir vécu trente-sept ans dans l'Hexagone où réside sa famille.

Il n’existe pas de "trouble à l'ordre public"

Arrivé en 1972 en France où sont nés plusieurs de ses enfants, Larbi B. avait été condamné en 1997 à cinq ans de prison et à dix ans d'interdiction du territoire, notamment pour association de malfaiteurs. A sa sortie de prison, il avait été frappé par un arrêté d'expulsion qui ne sera exécuté qu'onze ans plus tard, en mars 2009.

Jugeant ce délai excessif, le juge administratif avait ordonné courant 2009 la "suspension" de l'arrêté et sommé l'administration de tout faire pour permettre son retour en France. Mais en décembre 2009, sa demande de visa avait été rejetée.

La plus haute juridiction administrative a notamment estimé que la "note blanche" des services secrets sur laquelle l'administration se fondait pour s'opposer au retour en France de Larbi B. n'était pas suffisante pour établir la menace d'"un trouble à l'ordre public".

"Mon client a été injustement séparé de sa famille"

"La justice vient de reconnaître que mon client a été injustement séparé de sa famille depuis trois ans et renvoyé dans un pays où il n'avait aucune attache et vivait dans des conditions indignes", a commenté son avocate, Me Férielle Kati.

"On avait toujours imaginé que seule la mort pouvait nous séparer de notre père mais là, c'est l'administration qui l'a éloigné de nous pour alimenter les statistiques de reconduite à la frontière", a affirmé une de ses filles, avant d’ajouter : "en Algérie, il n'avait aucun revenu, aucun capital et aucun repère".

La haute juridiction a notamment insisté sur "le caractère très ancien des faits" reprochés au requérant et sur "l'absence de tout autre justification par l'administration des troubles pour l'ordre public" que son retour en France risquerait d'entraîner.