Exercice sur le suicide : le prof réintégré

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Exercice sur le suicide : le prof réintégré
L'enseignant avait crée la polémique en demandant à ses élèves de 3e de plancher sur le suicide.@ MAXPPP
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Il avait été suspendu après avoir demandé à ses élèves d'écrire sur le mal-être d'un suicidaire.

Le professeur de Charente suspendu lundi après avoir demandé à ses élèves une rédaction controversée sur le suicide  va être réintégré "la semaine prochaine", a indiqué vendredi le recteur de l'académie de Poitiers. "Mais ça ne restera pas anodin parce qu'il faut qu'il prenne conscience que ce n'était pas un sujet qu'il fallait livrer comme ça auprès des élèves", a-t-il ajouté, selon le site de France 3 Poitou-Charentes. Le rectorat a précisé que l'enquête administrative avait finalement conclu à une "maladresse" et non à "une faute professionnelle".

L'enseignant avait créé la polémique en demandant à ses élèves de 3e de plancher sur le suicide. Ils avaient pour consigne de donner des raisons qui pourraient les conduire à se donner la mort, en se mettant dans la peau d'un suicidaire éprouvant du "dégoût" pour lui-même.

"Il n'y avait aucune faute"

C'est un premier mail anonyme qui avait lancé la polémique. La ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, avait alors elle-même pris la parole sur ce dossier, jugeant l'exercice "dangereux". Mais au lendemain de la suspension de l'enseignant, certains parents d'élèves du collège avaient pour leur part pris sa défense. Elles avaient demandé "son retour immédiat", pour "le bien de nos enfants". Elles avaient déploré un "déferlement médiatique" jugé "démesuré" et "inadapté". "La réalité est que les élèves comme les parents sont attachés" à cet enseignant et "apprécient ses qualités", avaient-elles insisté.

Jean-François Dubord, membre du bureau de SUD Education en Charente, a réagi vendredi, estimant que cette réintégration est une "excellente nouvelle pour lui, pour les parents d'élèves, ses élèves et ses collègues". "Il n'y avait aucune faute et aucune raison de le sanctionner", a-t-il ajouté, jugeant même "anormale" sa suspension pendant quatre jours.