Exclus de cantine, accueillis au resto

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Exclus de cantine, accueillis au resto
Accès limité à la cantine pour les enfants de chômeurs en Haute-Savoie.@ MAXPPP
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Un restaurateur de Thonon-les-Bains dénonce ainsi la décision du maire d'exclure les enfants de chômeurs.

Élan de solidarité dans la ville de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie. Un restaurateur a décidé d'offrir, lundi midi, le repas aux enfants de chômeurs exclus de la cantine en vertu d'une décision de la municipalité qui fait ainsi face à un manque de places.

L'adoption du nouveau règlement intérieur a provoqué une vive émotion dans cette commune de 32.000 habitants. Si bien qu'un restaurateur de la ville, Louis Galand, a pris l'initiative, à la rentrée, d'inviter les enfants exclus. Bénévoles, commerçants, parents d'élèves ont mis la main à la pâte pour aider le restaurateur à confectionner un repas pour 50 couverts. Au menu, rien de très équilibré : nuggets, frites et glaces maison offert par un pâtissier de Thonon-les-Bains.

Nuggets, frites et glaces au menu

Pour Louis Galand, patron de "La Taverne d'ici et d'ailleurs" qui accueille les enfants, cette mesure est discriminatoire. "Notre maire exclut totalement des enfants, c’est inadmissible. C’est contre la déclaration des droits de l’homme. L’article 1 dit que hommes naissent et vivent égaux en droit. Et là, ils ne sont plus égaux à partir du moment où ils rentrent à l'école primaire", déplore le restaurateur interrogé par Europe1.

Ce dernier se dit prêt à renouveler l'expérience s'il n'est pas écouté et ne compte "pas laisser passer ça". De son côté, le maire de la ville, Jean Denais (divers droite), évoque "un coup de pub" du restaurateur.

La jurisprudence des affaires similaires

Les parents d'élèves de l'école envisagent, de leur côté, de saisir le tribunal administratif pour faire déclarer illégale la décision du maire. En 2009, le Conseil d'État s'est déjà prononcé sur des faits similaires et condamne de telle mesure d'exclusion.

Interrogé par Europe 1, Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE, a demandé qu'une loi soit votée pour empêcher de tels dispositifs. "C'est trop facile d'attendre que des parents soient obligés d'aller au tribunal administratif pour faire valoir le droit des enfants. Il est nécessaire que la loi vienne montrer ce qui est légal et ce qui ne l'est pas", dénonce le président de la FCPE.

"Un dispositif de priorité"

Forcé de s'expliquer, le maire de la ville, Jean Denais, assure que "à ce jour aucun enfant n’a été exclu de la restauration scolaire de Thonon-les-Bains". Il reconnaît toutefois avoir instauré un modèle de priorité au sein de la cantine. "Le dispositif de la ville est clair : ouverture à l'ensemble des enfants. Priorité aux enfants dont deux parents travaillent, aux demandeurs d'emploi et aux travailleurs avec contraintes particulières. Mais tant qu'il y a de la place, les enfants de chômeurs peuvent venir se restaurer à la cantine", explique l'élu.