EXCLU - Les instits critiquent l'aide personnalisée

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EXCLU -  Les instits critiquent l'aide personnalisée
Selon l'enquête menée par le SNUIPP, quatre professeurs des écoles sur cinq ne sont pas ou peu satisfaits par le dispositif de l'aide personnalisée.@ MAXPPP
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Une étude pointe une défiance vis-à-vis de cette réforme phare du quinquennat Sarkozy.

C'était la contrepartie du passage à la semaine de quatre jours : depuis 2008, l'école primaire a adopté l'"aide personnalisée aux enfants en difficulté". Ce dispositif consiste en deux heures de soutien scolaire par semaine, le plus souvent à raison d'une demi-heure par jour, pour les élèves les plus en retard en classe.

Constatant qu'aucun bilan n'avait jusqu'ici été fait, le SNUIPP, premier syndicat du primaire, a décidé de mener une enquête auprès de 18.000 professeurs des écoles. Le résultat, qu'Europe 1 dévoile en exclusivité, est sans appel : quatre enseignants sur cinq ne sont pas ou peu satisfaits par le dispositif.

Fatiguant et inefficace

Deux reproches sont principalement formulés. D'abord l'emploi du temps : qu'elles soient durant la pause déjeuner ou après les cours, ce qui est le cas près de huit fois sur dix, ces heures de soutien interviennent à des moments où l'élève est trop fatigué et ne parvient pas à se concentrer.

L'autre reproche concerne l'efficacité de ce système, qui est censé remplacer le travail des enseignants spécialisés dans l'aide aux enfants en difficulté (RASED). Mais "on ne peut pas prendre uniquement ces enfants là, parce que ce n'est pas l'objectif de départ", souligne Sarra Kerreiche, qui s'occupe d'une classe de CP.

Pour elle, ce dispositif est donc bien moins efficace. "Pour les enfants en grande difficulté, c'est une surcharge de travail qui finalement leur coûte plus que ça ne leur rapporte. Pour certains, on n'arrive pas à apporter le soutien suffisant pour qu'ils fassent leur année de CP dans de bonnes conditions, avec tous les acquis en fin d'année."

Et maintenant ?

S'ils sont rares, quelques points positifs sont quand même évoqués par les enseignants. Celui qui revient le plus souvent, c'est la possibilité de pouvoir travailler en petit groupe, avec cinq ou six élèves.

Désormais armée pour faire valoir son opposition à l'aide personnalisée, le SNUIPP espère voir remise en cause ce dispositif lors des prochaines concertations prévues par le ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, sur les rythmes scolaires.