EXCLU - Kerviel : "Je paie pour tout le monde"

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EXCLU - Kerviel : "Je paie pour tout le monde"
@ REUTERS
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L'ancien trader dénonce, sur Europe 1, la sévérité de la sanction prononcée mardi.

"Un tel coup de massue sur la tête. C’est difficile", a expliqué Jérôme Kerviel, mercredi sur Europe 1, s'exprimant pour la première fois depuis sa condamnation.

La veille, l’ex-trader de la Société Générale avait, en effet, été très lourdement condamné par le tribunal correctionnel de Paris, qui lui a infligé cinq ans de prison dont trois ferme et des dommages-intérêts colossaux de 4,9 milliards d'euros.

"On a tué le soldat Kerviel"

"On a tué le soldat Kerviel", a poursuivi le jeune homme de 33 ans, se disant"abattu par le poids de la sanction et le poids des responsabilités". "J'ai le sentiment qu'on a voulu me faire payer pour tout le monde et qu'il a fallu sauver la Société Générale".

"Je commence à avaler la pilule", a-t-il ajouté avant de raconter : "Quand le jugement a été rendu, la première pensée que j'ai eue a été pour mon père, pour ma mère".

"On a probablement pas su expliquer et éclairer le tribunal et apporter la preuve une fois pour toutes que je n'étais seul dans ce bateau-là", a-t-il indiqué.

Prié ensuite de dire s'il souhaitait que la Société Générale renonce à lui réclamer près de cinq milliards d'euros, il a répondu : "Moi, je ne demande rien à la Société Générale".

"Je gagne 900 euros par mois"

Pour l'heure, "je gagne 900 euros par mois", a également précisé Jérôme Kerviel qui a travaillé à mi-temps pendant le déroulement de son procès. Son avocat Olivier Metzner a aussitôt souligné qu’il "plaidera gratuitement pour lui".

L’avocat a, à son tour, dénoncé la sévérité de la peine. Kerviel "est le soldat qu’on a tué pour sauver la Générale", a-t-il déclaré sur Europe 1, soulignant que "le système aime faire croire qu’il fonctionne bien et que seule une personne peut être responsable de ces défaillances"."Ce jugement est une défaite personnelle. Les juges ont nié le bon sens. Mais c’est aussi une défaite de la justice", a-t-il conclu.