Évaluation : les profs sont en colère

  • A
  • A
Évaluation : les profs sont en colère
Le ministère de l’Education nationale a pour projet une nouvelle notation des enseignants, via les directeurs d'établissement.@ MAXPPP
Partagez sur :

Les chefs d'établissement seraient chargés de noter leurs profs. Face à la grogne, Luc Chatel temporise.

Est-ce la fin des inspecteurs scolaires ? Un projet du ministère de l'Education nationale viserait à donner l’entière responsabilité de l’évaluation des professeurs de collèges et lycées aux chefs d’établissements. Et ce, alors que cette tâche incombait jusqu’à maintenant  aux inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR).

Suite aux vives protestations des enseignants, le ministre de l'Education Luc Chatel a voulu rassurer, sans pour autant démentir : "il n'est pas question de prendre en catimini un décret", a-t-il promis mercredi.

"Le cap, c'est celui d'une évaluation qui doit être améliorée", a-t-il affirmé avant de préciser : "nous avons ouvert un groupe de travail avec les organisations syndicales sur la question. Ce groupe de travail avance. Nous sommes en train de discuter. Je n'ai aucun décret sur mon bureau prêt à être signé".

Les très sensibles attributions des inspecteurs

Cette possible réforme de l'enseignement d'une discipline et la pédagogie a été dévoilée par le site Internet Café pédagogique. Et le projet d’arrêté a été ensuite mis en ligne sur le site du syndicat Snes-FSU.

Selon ce projet, les enseignants seraient évalués, en plus de leur discipline, sur leur "capacité à faire progresser chaque élève" ou encore leur "pratique professionnelle dans l'action collective de l'établissement". Et les progressions de carrière et les grilles d'avancement seraient modifiées.

"Une bêtise intellectuelle"

Un projet qui fait bondir les syndicats. "L'objectif est clairement de transformer radicalement le métier et le rôle" des enseignants du secondaire, a réagi dans un communiqué le Snes-FSU, principale organisation des collèges et lycées. "Ce qui deviendra de fait premier, ce n'est plus le cœur du métier, la capacité de l'enseignant à faire acquérir savoirs et compétences à ses élèves, mais tout ce qui est périphérique à l'acte d'enseigner", a-t-il déploré.

"Ça crée une situation ou chacun va se concentrer sur ce que le proviseur veut voir ou peut voir", regrette au micro d’Europe 1 Daniel Robin, du Snes-FSU mais également professeur de mathématiques.

"C’est une bêtise intellectuelle de grande ampleur" :

 

Le Snes-FSU envisage de lancer un appel à la grève sur cette question.