Euthanasie : l’idée fait son chemin

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Euthanasie : l’idée fait son chemin
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Jusqu’à 94% des sondés s'y déclarent favorables si l’euthanasie était strictement encadrée.

L’euthanasie est de moins en moins taboue : près d'un Français sur deux (49%) estime que les médecins devraient pouvoir mettre fin à la vie de personnes atteintes de maladies incurables si elles le demandent, selon un sondage Ifop pour le quotidien Sud Ouest.

Ces chiffres traduisent une forte progression de l'adhésion à une légalisation de l'euthanasie en quelques mois seulement alors qu'elle était stable depuis une dizaine d'années, souligne l'institut.

Seuls 6% des sondés s’y opposent catégoriquement

49% des sondés favorables à l’euthanasie sur demande du patient, c’est 13% de plus qu’il y a dix mois à peine, précise l’institut de sondage. 56%, des 50-64 ans se prononcent pour, ils sont 48% chez les personnes sondées de 65 ans et plus. Le pourcentage d’adhésion grimpe jusqu’à 94% des sondés si l’euthanasie était strictement encadré.

Six pour cent seulement des personnes interrogées s'opposent à l'instauration d'un tel droit, un chiffre stable par rapport à une enquête similaire réalisée en octobre dernier.

L’urgentiste de Bayonne relance le débat

Cette évolution, note l'Ifop, "n'est sans doute pas sans rapport avec la mise en examen, le 12 août dernier, du Dr (Nicolas) Bonnemaison", urgentiste à l'hôpital de Bayonne, soupçonné d'avoir abrégé au cours des cinq derniers mois la vie d'au moins cinq patients agés.

Le débat sur l'euthanasie a été relancé la semaine dernière par la mise en examen pour "empoisonnement sur personnes particulièrement vulnérables" d'un médecin urgentiste de l'hôpital de Bayonne soupçonné d'avoir provoqué la mort d'au moins quatre personnes âgées considérées comme étant "en fin de vie". L'affaire a suscité un vaste élan de soutien, plus de 16.000 personnes rejoignant un groupe de soutien au médecin sur le site communautaire Facebook.

Les politiques s’emparent du sujet

Le ministre des Affaires européennes, Jean Léonetti, qui avait été à l'origine en 2005 d'une loi autorisant une euthanasie dite "passive", s'est prononcé cette semaine dans Nice Matin pour l'organisation d'un débat public sur l'euthanasie après l'élection présidentielle de 2012.

De son côté, le député socialiste Gaëtan Gorce, ancien président de la commission chargée d'examiner la proposition de loi de 2005, a souhaité que ce débat ait lieu avant l'échéance présidentielle.

Le sondage a été réalisé du 17 au 19 août auprès d'un échantillon de 1.001 personnes, représentatif de la population française de 18 ans et plus.