Ethylotest : une fiabilité très limitée

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Ethylotest : une fiabilité très limitée
@ MAXPPP
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Selon Que Choisir, 50% des éthylotests indiquent, à tort, que vous pouvez prendre le volant.

Obligatoire depuis le 1er juillet, les éthylotests ne seraient pas du tout fiables. D'après les tests réalisés par le magazine de défense des consommateurs Que Choisir, six des douze modèles d'éthylotests chimiques et électroniques se sont révélés défaillants.

Les modèles indiquent en effet un taux d'alcoolémie inférieur à la limite légale alors qu'il la dépassait, selon les tests publiés par le magazine de janvier. Des résultats qui viennent confirmer ceux de l'hebdomadaire Auto Plus, publiés mi-décembre.

Les éthylotests chimiques en bas du tableau. Sur les douze éthylotests évalués par Que Choisir, soit quatre chimiques et huit électroniques, "cinq sont à éviter absolument, dont trois électroniques et deux chimiques. Un sixième, un chimique, se révèle même "très mauvais". Concrètement, les éthylotests "indiquent que vous pouvez prendre le volant alors que vous ne devriez pas le faire", prévient le magazine.

Comme Auto Plus, Que Choisir constate que les équipements électroniques sont plus fiables que les chimiques. Ces derniers proposent en effet "un dégradé difficile à interpréter". Le froid a aussi un impact sur les résultats des éthylotests chimiques : "le réactif semble inhibé par des températures négatives, mais il suffit de réchauffer l'éthylotest dans ses mains pour qu'il redevienne utilisable", selon le magazine.

Enfin, les deux magazines conseillent également de choisir des éthylotests de norme NF, qui garantissent plus de fiabilité que les appareils n'en disposant pas.

Les problèmes de fiabilité connus. Le 20 décembre, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait annoncé le retrait du marché de plus de 400.000 éthylotests chimiques ou électroniques. Tous avaient été jugés non-conformes et dangereux, après une vaste enquête menée dans 144 établissements de fabrication, d'importation ou de distribution, notamment sur Internet.

En conséquence, la DGCCRF a engagé "des procédures contentieuses pour tromperies", procédé à des retraits et rappels pour les appareils en cause et bloqué 181 annonces sur Internet.

Le gouvernement également sceptique. Lors d'une conférence de presse pour la réinstallation du Conseil national de la sécurité routière, en décembre dernier, Manuel Valls avaient laissé entendre qu'il voulait modifier la loi obligeant la présence d'éthylotest dans les voitures. L'entourage du ministre de l'Intérieur confiait à ce sujet : "personne au gouvernement n'a envie de s'embêter avec cette règle décidée sous la présidence Sarkozy".

Et pour cause : théoriquement, les premiers contrôles devaient avoir lieu le 1er novembre avec, à la clé, une amende de 11 euros pour les automobilistes ayant oublié de se munir de leur "ballon" personnel.

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