Espionnage de Greenpeace : EDF relaxée

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Espionnage de Greenpeace : EDF relaxée
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Un ex-cadre a en revanche été condamné pour avoir espionné le système informatique de l'ONG.

EDF "totalement innocentée". Condamné en première instance à une amende de 1,5 million d'euros, EDF a finalement été relaxée mercredi par la cour d'appel de Versailles. Seul un ancien cadre du groupe chargé de la sécurité a été condamné à 6 mois de prison pour avoir espionné le système informatique de Greenpeace en 2006. Le géant de l'électricité était en effet accusé d’avoir espionné en 2006 Yannick Jadot, le directeur des campagnes de Greenpeace de l’époque. "EDF s'est toujours dite victime dans cette affaire d'espionnage", a tenu à souligner l'avocat du groupe énergétique, Me Alexis Gublin.

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Greenpeace se pourvoit en cassation. Pour sa part, l'ONG a estimé que le verdict constituait un feu vert à l'espionnage industriel et demandé au procureur général de la Cour d'appel de Versailles de se pourvoir en cassation "afin que cette scandaleuse décision puisse être remise en cause". "Cette décision peut avoir des conséquences très graves. Elle revient à autoriser l'industrie nucléaire à enfreindre la loi, la vie privée sur de simples suppositions", a dit dans un communiqué Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

"Il fallait un fusible". De son côté, Me Marie-Alix Canu-Bernard, l'avocate de l'ancien responsable d'EDF condamné à 6 mois d'emprisonnement, Pierre-Paul François, a également annoncé son intention de former un pourvoi en cassation. "Il fallait un fusible", a-t-elle déclaré, dénonçant la "désolidarisation" du groupe qui a "rejeté l'intégralité de la faute" sur son client. Depuis le début de l'affaire, EDF s'estimait en effet victime et dénonçait le zèle de son ancien cadre, l'ancien policier Pierre Paul François. Ce dernier conteste quant à lui avoir agi illégalement, et dit avoir informé EDF de ses démarches.

Surveiller les actions de Greenpeace. Le groupe énergétique a toujours reconnu avoir commandé en 2006 à une société d'intelligence économique, Kargus Consultants, une "veille" des actions menées par les écologistes. EDF souhaitait particulièrement avoir un œil sur les actions de l'ONG proximité de la construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville, dans la Manche. Kargus s'était alors introduit dans l'ordinateur du directeur des campagnes de Greenpeace de l'époque Yannick Jadot, aujourd'hui député européen EELV.

Un autre cadre relaxé. Pour ces pratiques d'espionnage illégal, Pierre-Paul François avait été condamné en 2011 à Nanterre à 3 ans de prison, dont 30 mois avec sursis. Un second cadre d'EDF, condamné en première instance à 3 ans de prison, dont 2 ans avec sursis et à une amende de 10.000 euros, a bénéficié d'une relaxe.