Esclavage moderne à Metz

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Esclavage moderne à Metz
@ MAXPPP
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Des ouvriers lettons, sous-payés, mal logés, poursuivent leur employeur luxembourgeois.

Onze heures de travail par jour, six jours sur sept. Le tout pour 200 euros. C’est ce que ne veulent plus subir onze ouvriers lettons, employés sur le chantier de construction d'un hôpital à Metz, qui ont intenté une action en justice contre leur employeur. Ils reprochent à cette société luxembourgeoise d'être sous-payés, surexploités et mal logés, a annoncé leur avocat leur avocat.

A onze dans 30 m2

Depuis leur arrivée à Metz le 9 mars, c'est-à-dire depuis un mois, les ouvriers concernés "ont touché 150 à 200 euros en liquide, ce qui ne rembourse même pas l'essence", s'est emporté Me Florent Kahn, qui a intenté une action en référé devant les prud'hommes contre la société Bamolux pour obtenir le paiement des arriérés de salaires.

"C’est pas du busniness, c’est de l’exploitation", explique l’un des employés :

Les ouvriers lettons déposeront par ailleurs une plainte "dans les prochains jours" contre leur employeur pour "les avoir logés dans un appartement insalubre, en profitant de leur vulnérabilité", selon leur avocat. "Ils travaillent 11 heures par jour, six jours sur sept", et vivent à 11 dans un deux-pièces de 30 m2 "qui ne répond pas aux normes d'hygiène et de décence: ils dorment sur des matelas pneumatiques", a ajouté l'avocat.

Bientôt payés…

La société visée, qui a recruté les Lettons dans leur pays via un intermédiaire, est elle-même sous-traitante d'une entreprise ayant remporté le marché public d'isolation et de plâtrerie du chantier. Elle affirme de son côté que les ouvriers sont sous contrat, sans toutefois avoir été payés, "mais ils le seront la semaine prochaine", a indiqué un responsable d'exploitation de Bamolux.

Mais le week-end du 10 avril, les ouvriers lettons et leurs avocats ont été menacés par l'intermédiaire russe qui les a fait venir travailler en France. Ces derniers ont pourtant tenu bon et maintiennent leur plainte, tandis que ce mystérieux Dimitri est activement recherché.

"Il en est arrivé aux menaces", témoigne l'un des avocats des ouvriers :

Une adjointe au maire (PS) de Metz, Danielle Bori, a apporté son soutien aux ouvriers concernés "On ne peut pas laisser les gens dans cette situation, il faut que l'employeur les paie et les loge", a-t-elle estimé. Le nouvel hôpital de Metz, dont la construction a commencé en 2008, doit ouvrir à la fin de l'année.