EPR à Flamanville : deux ans de retard en plus

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EPR à Flamanville : deux ans de retard en plus
Le chantier du réacteur EPR de Flamanville.
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Initialement prévue pour 2012, la mise en service du réacteur est désormais annoncée pour 2016.

La mise en service du réacteur EPR de Flamanville, dans la Manche, n’est pas pour l’an prochain. Pourtant initialement annoncée pour 2012, la mise en service du réacteur n’interviendra qu’en 2016, a annoncé EDF mercredi.

Quatre années de retard donc qui ne sont pas sans effets sur le coût du réacteur. EDF évoque désormais un coût total de 6 milliards d'euros, soit près de double des estimations initiales.

Des raisons structurelles et conjoncturelles

Comment expliquer ces aléas ? "Ce retard est lié à des raisons tant structurelles que conjoncturelles. Flamanville 3 est la première centrale nucléaire construite en France depuis 15 ans. C’est également le premier EPR. En termes de maîtrise industrielle, EDF a dû revoir son appréciation de l’ampleur des travaux à mener, notamment en matière de génie civil", explique EDF.

Le groupe rappelle aussi que le chantier a été frappé par deux accidents graves au cours des derniers mois. Deux salariés sont, en effet, morts sur le chantier depuis le début de l'année. EDF justifie enfin ce nouveau retard par les analyses qui doivent être menées dans le cadre des audits lancés après la catastrophe de Fukushima au Japon. Celles-ci seront soumises à l'Autorité de sûreté nucléaire en septembre, promet le groupe.

Eric Besson a relativisé la nouvelle

Eric Besson a lui aussi cherché à relativiser la nouvelle mercredi. Le ministre de l'Energie a ainsi évoqué une "mesure technique" pour tenir compte des événements "imprévus" sur le chantier et de la "réévaluation des travaux de génie civil" et assurant que le chantier se poursuivait "dans des conditions optimisées".

Une nouvelle organisation du chantier a été décidée. L’organisation avec les partenaires va aussi être revue, avec notamment "un nouveau calendrier industriel fiabilisé".

Mamère appelle à arrêter le chantier

Du côté des détracteurs de l’EPR l’annonce d'une mise en service retardée achève de les convaincre mettre un terme au chantier. Noël Mamère a ainsi déclaré mercredi qu'il fallait "arrêter" le chantier EPR de Flamanville, "coûteux et sale". "Plus que jamais se pose la question de la sortie progressive et programmée du nucléaire", a fait valoir le député Europe Ecologie-Les Verts de la Gironde.