Elysée : le coup de colère d'un directeur de théâtre

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Elysée : le coup de colère d'un directeur de théâtre
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PROFIL - On en sait un peu plus sur les motivations du directeur de théâtre parisien qui a tenté de forcer les grilles du palais présidentiel.

L'INFO. L'individu qui a tenté de forcer, sans succès, jeudi, l'entrée du palais de la présidence de la République est un directeur de théâtre parisien. Son geste se veut "un coup de colère" contre la baisse des subventions allouées à son théâtre.

Qui est cet homme ? Attilio Maggiulli dirige la Comédie italienne, petit théâtre de la rue de la Gaîté, dans le 14e arrondissement de Paris, où il programme depuis 40 ans des pièces de grands maîtres du théâtre populaire et poétique italien.

Pourquoi une action aussi spectaculaire ? L'Italien de 67 ans cherche à attirer l'attention sur ses difficultés financières. Il n'en est d'ailleurs pas à son premier coup d'éclat : mercredi, Attilio Maggiulli avait déjà été interpellé aux abords de l'Elysée. Non loin de l'hôtel Marigny, il avait sorti de sa voiture "un mannequin Arlequin auquel il avait mis le feu après l'avoir aspergé de white spirit", a dit une source proche de l'enquête. "Il avait ensuite jeté des tracts sur la voie publique, dans lesquels il dénonçait la diminution des subventions pour son théâtre", a-t-elle ajouté. "Il avait été interpellé, entendu, puis relâché quelque temps après". Il y a dix ans, il avait déjà fait une grève de la faim pour sauver son théâtre.

Objectif atteint ? "Si son objectif était de faire parler de lui, il a plutôt réussi. Mais il risque de le payer", a estimé une source proche de l'enquête. Il sera, en tout cas, reçu par le ministère de la Culture la semaine prochaine. Le ministère a toutefois précisé que ce rendez-vous n'était pas dû à son action, mais "pour lui rappeler les règles et lui prodiguer des conseils utiles sur les démarches qu'il doit mener".

Quelles suites judiciaires ? Immédiatement interpellé, Attilio Maggiulli a été placé en garde à vue pour "dégradation d'un bien d'utilité publique", "mise en danger de la vie d'autrui" et "violences volontaires avec arme à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique" - l'arme étant son véhicule, a précisé une source judiciaire.