Élise : Irina Belenkaya devant la justice

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Élise : Irina Belenkaya devant la justice
Irina Belenkaya encourt jusquà trois ans de prison.
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Le parquet a requis 3 ans de prison contre la maman qui avait enlevé sa fille à son père en 2009.

C'est un procès où Élise, petite fille de sept ans, est tiraillée entre la France et la Russie. Le procès d'un couple qui se déchire depuis cinq ans autour de la garde de sa fille. Irina Belenkaya, la mère russe de l'enfant, comparait mardi devant le tribunal correctionnel de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, pour "soustraction d'enfant par ascendant et complicité de violences aggravées".

Le procureur de la république de Tarascon a requis mardi trois ans de prison avec sursis à son encontre. A deux reprises, en 2007 et 2009,  cette maman avait enlevé sa fille à son mari afin de l'emmener en Russie. La seconde fois, avec la complicité présumée de gros bras qui avaient violemment arraché l'enfant des bras de son père.  

Elle encourt jusqu'à trois ans de prison ferme et 45.000 euros d'amende. Europe1.fr  revient sur les étapes de cette affaire.

2007 : premier enlèvement. Alors installé à Arles, dans les Bouches-du-Rhône,  le couple que forme Jean-Michel André, océanographe de 53 ans, et Irina Belenkaya, Russe de 41 ans, se déchire définitivement. Le mari qui soupçonne son épouse de vouloir s'installer à Moscou avec sa fille engage une procédure de divorce. Le 23 novembre 2007, un juge des affaires familiales délivre une interdiction de sortie du  territoire national pour les deux parents. Dès le lendemain, Irina Belenkaya transgresse cette interdiction en quittant la France pour rejoindre la capitale russe avec Élise. Jean-Michel André porte plainte et récupère Élise en septembre 2008.

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20 mars 2009 : le visage d'Elise, les blessures de son père. Le  20  mars 2009, comme tous les jours, Jean-Michel André va chercher sa fille de trois ans et demi à sa sortie de l'école, à Arles. Soudain, deux "gros bras" se ruent sur l'homme, le passent à tabac, à coups de poing et de matraque électriques. Mais un témoin aperçoit une femme portant une perruque qui installe Élise dans une voiture avant de prendre la fuite. Pour Jean-Michel André, dont les blessures lui ont valu quinze jours d'incapacité temporaire de travail (ITT), il n'y a pas de doute : Irina a organisé ce rapt. L'alerte enlèvement est immédiatement déclenchée et le père, le visage tuméfié, lance un appel aux kidnappeurs dans les médias

12 avril 2009 :Irina Belenkaya est interpellée en Hongrie. La mère était sur le point de passer la frontière avec l'Ukraine. Elle est alors placée en détention et Elise est ramenée à son père. Irina Belenkaya est extradée vers la France en mai de la même année et mise en examen pour "soustraction d’enfant" et "complicité de violences aggravées".

L'affaire au 20 heures de France 2, le 15 avril ( à partir de 7'36) :





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31 mai 2011 : 15 jours avec sursis pour le père. La cour d'appel d'Aix condamne Jean-Michel André à 15 jours de prison avec sursis et 1 euros de dommage et intérêts. Le motif ? La non-présentation d’Élise à sa mère. Irina Belenkaya a entre temps été libérée et placée sous contrôle judiciaire. Vivant et travaillant à Moscou, elle fait le voyage pour Marseille afin de retrouver sa fille tous les 15 jours. Mais de mars à mai 2010, puis d'août à septembre 2010, le père n'a pas présenté sa fille à cause de ses craintes d'un troisième enlèvement.

30 octobre 2012 : ouverture du procès d'Irina. Trois après les faits, la maman d’Élise se retrouve donc devant les tribunaux.  L'instruction a conclu qu'Irina Belenkaya avait bien fomenté le projet d'enlèvement de 2009. Deux hommes lui auraient proposé de l'aider à kidnapper Élise, ce qu'elle aurait accepté. Selon les éléments de l'enquête, Irina Belenkaya aurait préparé l'enlèvement en louant par internet le véhicule qui a servi au moment des faits et en réservant une chambre d'hôtel à Tarascon pour les deux hommes de main. Ces derniers n'ont jamais pu être identifiés.

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Huis clos et apaisement. Selon Midi-Libre, le père a demandé une audience à huis clos, "dans l’intérêt d’Élise". Jean-Michel André a également confié qu'il souhaite "une réparation raisonnable des préjudices subis".

De son côté, l'avocat de la mère, Me Bruno Rebstock a indiqué qu'Irina Belenkaya reconnaît les faits  de 2009. Il a également expliqué au journal sa ligne de défense "d’apaisement" et décrit une femme qui a commis "un geste stupide et violent" car elle était "absolument désespérée".