El-Jabri : "un moment très fort"

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El-Jabri : "un moment très fort"
Aujourd'hui, Abderrahim El-Jabri espère que la Cour de révision ordonnera un nouveau procès.@ MAXPPP
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TEMOIGNAGE - Condamné pour meurtre en 2003, il vient d’obtenir la saisine de la Cour de révision.

Pour Abderrahim El-Jabri, le 2 juillet 2012 restera une date particulière. Lundi, ce dernier et Abdelkader Azzimani ont retrouvé l'espoir d'être, un jour, blanchis. Condamnés à 20 ans de prison pour un meurtre en 1997 qu'ils ont toujours nié, les deux hommes ont obtenu la saisine de la Cour de révision des condamnations pénales.

"Une émotion tellement forte" :

 

A l'annonce de la décision, l'émotion a pris le dessus. "Cela a été un moment très fort", a confié Abderrahim El-Jabri, invité d'Europe 1 Soir. "C'était une émotion tellement forte que quelque part, cela vous vide", a-t-il décrit.

"J'aimerais un procès"

Aujourd'hui, Abderrahim El-Jabri espère que la Cour de révision ordonnera un nouveau procès. "J'aimerais un procès pour être définitivement lavé de tout soupçon", a-t-il assuré, au micro d'Europe 1 (…). "Il y a eu des erreurs fondamentales, énormes dans ce dossier", a commenté aujourd'hui celui qui a passé 12 années en prison. Dans les prochains mois, la Cour de révision dira si elle annule ou pas la condamnation des deux accusés prononcée en 2003. Elle se prononcera également sur le renvoi ou non de l'affaire devant une nouvelle juridiction. Cette procédure extrêmement rare n'a abouti qu'à sept acquittements depuis 1945.

Le dossier semble presque réglé, puisque les deux vrais coupables ont été retrouvés en 2010, ont reconnu les faits et l'ADN de l'un d'entre eux a été isolé sur les pièces à conviction. Abderrahim El-Jabri et Abdelkader Azzimani ont été "sauvés" par le geste d'une greffière qui a empêché que les scellés de l'enquête initiale soient détruits. Sur l'une des pièces à conviction, les enquêteurs avaient retrouvé des traces d'ADN. Versées au fichier des empreintes génétiques plus de dix ans après le meurtre, elles avaient enfin parlé : l'ADN correspondait à celui d'un manutentionnaire de 30 ans, placé en garde à vue quelques temps plus tôt dans une petite affaire de drogue. L'homme, et son complice, avaient fini par avouer le meurtre en 2011.