Education : où en sont les réformes ?

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Education : où en sont les réformes ?
Sur la question des rythmes scolaires, le gouvernement a déjà procédé à une première modification, en rallongeant les vacances de la Toussaint sur deux semaines pleines.@ Maxppp
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Avant la fin de la concertation entamée en juillet, le gouvernement est au travail, Peillon en tête.

A moins d’une semaine de la rentrée scolaire, élèves et enseignants sont dans les starting-blocks. Vincent Peillon, le ministre de l’Education nationale, vivra lui sa première rentrée à ce poste. Il a lancé en juillet dernier une concertation pour inviter le monde de l'Education "plancher" sur les grandes orientations éducatives voulues par François Hollande. Le président de la République entend faire de l’école un pilier de sa politique. Europe1.fr liste l’état d’avancement des chantiers en cours. 

Faire évoluer les rythmes scolaires. La réforme des rythmes scolaires, avec le possible retour à une semaine de quatre jours et demi, est un sujet sensible. Vincent Peillon s'est dit favorable à cette évolution mais a été vite recadré.

Le gouvernement a déjà procédé à une première modification, en rallongeant les vacances de la Toussaint sur deux semaines pleines. En contrepartie, la fin de l'année scolaire est retardée au 6 juillet après la classe au lieu du 4, et les élèves devront rattraper une autre journée ou bien deux demi-journées, décidées localement.

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© Maxppp

Recruter davantage d’enseignants.  Pour la sixième année de suite, il y aura moins de personnels dans l'Education: le gouvernement sortant avait programmé 14.000 suppressions de postes, dont 5.700 pour le primaire. Pour "atténuer les tensions", le nouveau gouvernement a réinjecté 1.000 postes de professeurs en primaire, réduisant les suppressions de postes à 13.000, dont 4.700 en primaire.

Durant la campagne présidentielle, François Hollande a promis de créer 60.000 postes dans l'éducation pendant son quinquennat.

Améliorer la formation des professeurs. Vincent Peillon a annoncé lundi 27 août la mise en place d'une formation continue serait proposée dans les années qui viennent aux professeurs "sacrifiés". Ces derniers n'ont eu aucune formation du fait de la réforme de la formation mise en place par la droite.

"Il y a trois générations sacrifiées", depuis la "masterisation" de 2010 qui a supprimé l'année de stage et mis les nouveaux enseignants devant des élèves sans formation pédagogique, a regretté le ministre, à l'occasion de l'accueil des enseignants stagiaires du second degré de l'académie de Créteil.

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Vincent Peillon a également fait savoir que 22.000 postes seraient ouverts au prochain concours externe des professeurs. Ces postes, pour la rentrée 2013, concernent le primaire et le secondaire, public et privé. Par ailleurs, avec les "emplois d'avenir" de professeurs, 6.000 élèves de 2e année de licence bénéficieront d'une bourse dès janvier pour se préparer au concours d'enseignement, et 18.000 sur trois ans, a souligné François Peillon.

Augmenter l’ARS. Pour les parents, le retour en classe reste synonyme de dépenses. Pour faire face, l'Allocation de rentrée scolaire (ARS), perçue le 24 août par trois millions de familles totalisant cinq millions d'enfants, a augmenté de 25%. Sur Europe 1 le 23 août dernier, Vincent Peillon a aussi recommandé aux professeurs de "ne pas surcharger les listes d'achats".

Réfléchir à un nouveau système de notation ? Vincent Peillon, qui  n'est pas favorable à la suppression des notes, pense qu’il faut "une évolution de la façon dont nous notons, parce que la note doit pouvoir être aussi un encouragement et pas un découragement parce que les élèves de France, à part les petits Japonais, sont les plus malheureux au monde", a-t-il observé mardi 28 août. Près de 39% des enseignants estiment qu'il faut "abandonner les notes chiffrées et les moyennes à l'école primaire et au collège", selon une enquête interne en ligne du syndicat SE-Unsa, lancée le 13 juin, et qui a recueilli à ce jour "plus de 6.500 réponses".

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© MAXPPP

Redéfinir la carte scolaire. Le 12 juin dernier, Vincent Peillon avait estimé que le sujet nécessitait "un dialogue approfondi avec les collectivités territoriales". Selon le ministre, la réforme entreprise par le gouvernement Sarkozy en 2007 a abouti à "ghettoïser" des établissements défavorisés. Vincent Peillon ne s’est pas exprimé sur le sujet depuis.

Repenser le dispositif contre l'échec scolaire. Le gouvernement souhaite aussi repenser le dispositif ECLAIR (Ecoles, collèges et lycées pour l'ambition, l'innovation et la réussite) ainsi que celui des Rased (réseau d'aides spécialisées aux enfants en difficulté) mais aucune mesure concrète n’a pour l’instant filtré sur ces questions.

Les pistes de réflexion sur ces derniers dossiers devraient émerger dans les semaines qui viennent. La concertation sur l’Education aboutira en effet à la rédaction d'un rapport qui sera remis en octobre à Vincent Peillon. Ce document doit servir de base à la loi d'orientation et de programmation sur l'école, qui sera présentée à l'automne.