Education : l'UMP inquiète les syndicats

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Education : l'UMP inquiète les syndicats
L'UMP songe à revoir le statut des enseignants en intégrant "l'accompagnement" dans leurs missions.@ MAXPPP
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Un projet de révision du statut des enseignants attise les craintes dans l'Education nationale.

Les syndicats de l'Education nationale sont inquiets. En cause, la proposition de l'UMP de "revoir" les "obligations de service" des enseignants via "un nouveau statut" qui permettrait d'intégrer dans leurs missions "l'accompagnement", comme le tutorat, l’orientation ou la concertation. Cette mesure est l'une des 30 propositions du parti présidentiel pour sa convention sur l'éducation, organisée mardi et destinée à alimenter le projet du futur candidat Nicolas Sarkozy.

Il est important d'avoir un débat "sans tabou", ont estimé le ministre de l'Education nationale Luc Chatel et le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé à leur arrivée à la convention.

Une mesure qui pourrait être applicable dès 2013

Aujourd'hui, dans le secondaire, un professeur doit assurer 15 heures de cours par semaine s'il est agrégé et 18 heures s'il est certifié, selon un décret de 1950. La redéfinition de ces missions "pourrait aboutir" à "la création d'un nouveau corps qui concernerait les candidats à l'actuel Capes et serait ouvert aux professeurs certifiés en exercice, sur la base du volontariat", indique l’UMP.

"Cette mesure, si elle était retenue par Nicolas Sarkozy" pour la présidentielle de 2012, serait applicable à compter du concours 2013 du Capes, a précisé la députée UMP Michèle Tabarot. Ceux qui enseignent déjà pourraient eux-aussi, s'ils le souhaitent, opter pour ce nouveau statut en échange d'une revalorisation de leur rémunération.

 "L'UMP est en train de monter un piège"

Du côté du corps enseignant, la déception est de mise. "On était prêt à débattre du changement du statut, d'inclure d'autres modalités dans notre service mais à condition que cela se traduise en diminution du service face aux élèves. Là, on a bien compris que c'est en plus", déplore Patrick Gonthier, de l’Unsa Education.

En outre, ajoute Patrick Gonthier, "ce double statut", avec une meilleure rémunération du nouveau, "apportera de la concurrence dans les établissements" et "des tensions entre personnels". "L'UMP est en train de monter un piège: recrutements diversifiés, rémunérations inégales et chefs d'établissements transformés en évaluateurs et notateurs", prévient-il.

De fait, l'UMP préconise aussi la mise en place d'une évaluation des enseignants "par le chef d'établissement", s'appuyant sur "une dimension qualitative", "qui mesurerait leur capacité à faire progresser les élèves".