Education : Chatel, un ministre trop zélé

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Education : Chatel, un ministre trop zélé
L'ancien ministre de l'Education nationale aurait fait supprimer plus de postes d'enseignants que prévu.@ MAXPPP
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L'ancien ministre de l'Education nationale aurait fait supprimer plus de postes que prévu.

Luc Chatel, l'ancien ministre de l'Education nationale, s'est-il montré trop zélé au cours de son mandat ? Alors que le précédent gouvernement avait validé la suppression de 16.000 postes dans l'Education nationale en 2011, un rapport de la Cour des comptes révèle que davantage d'emplois ont finalement disparu.

6.296 postes supprimés au lieu de 5.000

L'an dernier, 16.811 postes d'enseignants - tous degrés confondus - ont ainsi été supprimés selon un rapport sur l'exécution du budget 2011 de la mission "Enseignement scolaire". Les collèges et les lycées publics ont été particulièrement touchés : ils ont perdu 6.296 postes d'enseignants au lieu des 5.000 prévus.

Les écoles primaires publiques et le privé s'en sortent relativement mieux. Ils se sont vu priver respectivement de de 8.635 postes ( au lieu de 8.967) et 1.416 postes (au lieu de 1.633).

Le rapport révèle par ailleurs que, pour les écoles primaires, le principe de non remplacement d'un départ sur deux à la retraite (soit 50%) a été largement dépassé. Avec 8.635 suppressions de postes pour 10.334 départs, le taux a été en fait de 84%. En revanche, il a été inférieur à un sur deux dans le second degré public (38%) et surtout dans l'enseignement privé (28%).

Les économies pas reversées aux enseignants

La Cour des comptes note également que Luc Chatel n'a pas tenu sa promesse de reverser la moitié des économies réalisées par les suppressions de postes sous forme de revalorisation financière aux enseignants. Sur les 404 millions d'euros économisés, seulement 157 millions ont été reversés - soit 39%.

Enfin, le rapport s'inquiète aussi du recours "de plus en plus important aux heures supplémentaires". Ces heures supplémentaires "permettent en partie d'afficher des réductions d'effectifs en en limitant l'impact à court terme sur le terrain. Il pèse en revanche évidemment sur la dépense totale. Il est aussi un révélateur de l'inadéquation entre l'offre de formation prévue et la réalité des moyens disponibles, compte tenu du mode de gestion actuel des enseignants", estime la Cour des comptes.