Écoutes : le vrai du faux des explications de Sarkozy

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Écoutes : le vrai du faux des explications de Sarkozy
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FACT-CHECKING - Dans sa tribune publiée jeudi, Nicolas Sarkozy est revenu sur les différentes enquêtes dans lesquelles il est ciblé.

Affaire Bettencourt, affaire Karachi, financement par la Libye de sa campagne présidentielle, etc. Jeudi soir, dans une tribune publiée dans Le Figaro, Nicolas Sarkozy est revenu point par point sur les différentes affaires dans lesquelles il est cité. L'ancien président a également évoqué les écoutes téléphoniques dont il a été la cible dans le cadre de l'enquête sur un éventuel soutien financier de la Libye à sa campagne présidentielle, en 2007. Mais que dit-il vraiment sur le fond de ces affaires ? Europe 1 revient sur les explications de l'ancien président au sujet des différentes affaires qui le mettent à mal. 

#BETTENCOURT

>> Les déclarations de Nicolas Sarkozy. "Que reste-t-il de cette boue complaisamment répandue ? Rien, si ce n'est une décision de non-lieu après que toutes les investigations possibles ont été engagées"

Les faits. Soupçonné d'avoir bénéficié des largesses de la milliardaire Liliane Bettencourt lors de sa campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy avait été mis en examen, en mars 2013. Après avoir exploré toutes les pistes, les deux juges d'instruction bordelais chargés de l'affaire Bettencourt n'ont pu se résoudre à le renvoyer devant le tribunal correctionnel, pour "abus de faiblesse". Le 7 octobre 2013, Jean-Michel Gentil et Valérie Noël ont en effet conclu à un non-lieu en faveur de Nicolas Sarkozy.

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#KARACHI

 >> Les déclarations de Nicolas Sarkozy. "Et que dire de la prétendue affaire Karachi où, après des années d'enquête, les magistrats ont fini par découvrir que je n'y avais, au final, assumé aucune responsabilité."

Les faits. Depuis 2009, les juges enquêtent sur le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995. Dans cette affaire, ils suivent deux pistes : celle du détournement de commissions sur des contrats d’armement avec le Pakistan et l’Arabie saoudite et celle d’un financement occulte de cette même campagne via les fonds secrets de Matignon. A l'époque, Nicolas Sarkozy est ministre du budget. En résumé, les juges d'instruction soupçonnent un financement illégal de la campagne présidentiel d'Edouard Balladur. Une campagne qui aurait été financée par de l'argent occulte issu des rétro-commissions et versé sur des fonds secrets de Matignon.

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En février dernier, les juges ont demandé à auditionner Nicolas Sarkozy comme témoin assisté dans le volet financier de leur enquête. Selon des sources proches du dossier, il n'existe pas, en l'état, d'éléments susceptibles de conduire à une mise en examen de l'ancien président. C'est pourquoi les juges réclament son audition sous le statut de témoin assisté. Mais selon l'un des avocats des parties civiles, "Nicolas Sarkozy n'est absolument pas mis hors de cause" dans cette affaire.

# FINANCEMENT LIBYEN

>> Les déclarations de Nicolas Sarkozy. "Sans l'ombre d'une preuve et contre toute évidence, me voici accusé d'avoir fait financer ma campagne de 2007 par M. Kadhafi. On a parlé d'un virement de 50 millions d'euros! Un détail… Après des mois d'enquête, des dizaines de commissions rogatoires, la justice n'a trouvé ni virement, ni banque de départ, ni banque d'arrivée."

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© REUTERS

Les faits. Tout commence le 19 avril 2013. A l'époque, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire pour corruption. L'enquête concerne un éventuel soutien financier de la Libye à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007. Selon un document publié par Mediapart, le régime de Mouammar Kadhafi aurait accepté en 2006 de financer, pour "50 millions d'euros", la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2007.

C'est dans le cadre de cette enquête que les juges Serge Tournaire et René Grouman ont décidé de placer Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux et Claude Guéant sur écoute. A l'heure actuelle, l'enquête ouverte depuis moins d'un an est toujours en cours. Et elle est loin d'être bouclée. Il est donc surprenant que Nicolas Sarkozy soit si bien informé, alors même qu'il est censé de pas avoir accès au dossier.

# LES ÉCOUTES

>> Les déclarations de Nicolas Sarkozy. "Les juges entendent les discussions que j'ai avec les responsables politiques français et étrangers."Les faits. Nicolas Sarkozy a effectivement été placé sur écoute le 3 septembre 2013, dans le cadre de l'enquête sur l’éventuel financement par la Libye de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Mais depuis cette date, les juges n'ont pas écouté l'intégralité des conversations téléphoniques de l'ancien président, puisqu'ils ne les ont pas. Ils n'ont en effet que les retranscriptions, faites par la police. Et les policiers ne gardent que ce qui les intéresse, à savoir l'enquête en cours. Le reste des conversations n'est même pas retranscrit.

Sarkozy téléphone

© REUTERS

# LE TRAFIC D'INFLUENCE

 >> Les déclarations de Nicolas Sarkozy. "Mon propre avocat se trouve accusé d'avoir abusé de son influence auprès de notre juridiction suprême. Cette fois, fini de rire, car c'est à pleurer d'indignation. Son 'crime' : être l'ami depuis trente ans d'un avocat général à la Cour de cassation, un des plus fameux juristes de France, à qui il a demandé des avis sur la meilleure stratégie de défense pour son client. Le problème, c'est que le client, c'est moi. Alors 'le conseil' devient un 'trafic d'influence' supposé".

Les faits. Nicolas Sarkozy et son avocat Me Herzog sont suspectés d'avoir bénéficié des renseignements de Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation, au sujet de l'avancement de l'affaire Bettencourt. Le contenu des écoutes attestent en effet que Thierry Herzog était bien en contact avec Gilbert Azibert. "Il a bossé", dit ainsi Me Herzog à Sarkozy, le 29 janvier. Au vu du contenu des écoutes, il semble donc que Gilbert Azibert ne se contentait pas de donner de simples "conseils", puisque le tout nouveau parquet national financier (PNF) a décidé d’ouvrir une nouvelle enquête.

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