Écotaxe : fin des heurts en Bretagne

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Écotaxe : fin des heurts en Bretagne
@ (MAXPPP)
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Un manifestant a eu la main arrachée dans des heurts avec les forces de l'ordre samedi, dans le Finistère.

La colère. Le mouvement est-il en train de dégénérer ? Un manifestant a eu la main arrachée dans des heurts avec les forces de l'ordre samedi lors d'une nouvelle manifestation à Pont-de-Buis, dans le Finistère, contre l'écotaxe poids lourds. L'homme qui a perdu sa main a été évacué par un hélicoptère de la sécurité civile avec un autre blessé au cou par un tir de Flash-Ball. Un gendarme mobile a également été blessé légèrement par un projectile. "Qu'est ce qu'il attend Ayrault pour suspendre l'écotaxe dans le Finistère, qu'il y ait un mort ?", a scandé un éleveur de volaille en colère.

La préfecture a annoncé l'arrivée sur le site à 18h30 d'une compagnie de CRS en renfort, soit plus d'une centaine de policiers, dans "une démarche défensive" et précisé en fin d'après-midi qu'il n'y avait eu aucune interpellation. Selon Ouest-France, les manifestants n'ont levé le camps qu'après 22h, toujours aussi remontés. "Nous levons le camp, mais ce n’est que partie remise. Je n’ai jamais vu de gens aussi motivés, décidés à vivre et travailler au pays", a lancé Thierry Merret, leader syndical de la FDSEA, avant de partir.

>> À lire : pourquoi tant de colère contre ces portiques?

Ils sont venus en force. Le dernier des trois portiques écotaxe du Finistère encore en état de fonctionner a été la cible samedi d'une manifestation à l'appel du "collectif pour l'emploi en Bretagne", réunissant plus d'un millier de personnes dont des salariés d'entreprises en difficulté comme Gad SAS, des responsables économiques comme Jean-François Jacob, secrétaire général de la coopérative légumière SICA, ou encore des agriculteurs. Les manifestants avaient déjà tenté de s'en prendre à ce portique il y a une semaine, en vain. Cette fois ils étaient venus en force avec environ 250 camions, des tracteurs et des remorques pleines de pneus, de choux-fleurs et de bottes de paille, selon la police. Ils se sont rendus devant le portique de Pont-de-Buis, sur la RN 165 coupée à la circulation depuis le matin, et où les attendaient environ 150 gendarmes mobiles retranchés derrière des barrières.



Finistère: des Bretons contre l'écotaxe...par BFMTV

Des scènes de guérilla. Les manifestants, dont certains encagoulés, ont lancé l'assaut peu après 14h, jetant des pneus en feu et d'autres projectiles, provoquant une réplique de lacrymogènes. Au milieu des fumées, des tracteurs se sont dirigés vers le barrage des forces de l'ordre, arrachant les traverses de la voie express. Des scènes de guérilla ont alors commencé sur les collines qui entourent le portique avec plusieurs blessé à déplorer du côté des manifestants, dont l'homme qui a eu la main arrachée. Les manifestants avaient enfilé des bonnets rouges, 900 en tout, distribués par les organisateurs, le symbole de la révolution antifiscale en Bretagne au XVIIe siècle, sous l'Ancien Régime. Ils avaient aussi pour certains recouverts leurs plaques minéralogiques d'autocollants reproduisant la plaque de la voiture présidentielle (Ds5) de François Hollande, CB-455-VH, mais avec le numéro du département du Finistère, le 29, selon des organisateurs.

Une autre dans le Morbihan. Une autre manifestation a eu lieu samedi contre un portique écotaxe dans le Morbihan. Une centaine de manifestants ont organisé un barrage filtrant sous le portique de Saint-Allouestre (Morbihan), sur la RN24, avec distribution de tracts et de produits bretons. La manifestation s'est terminée sans heurts vers 13h, selon la gendarmerie. Dans la nuit de vendredi à samedi des agriculteurs, avec 14 tracteurs équipés de remorques, ont aussi mené une action coup de poing à Morlaix (Finistère) en déversant vers minuit devant le centre des impôts des palettes, des choux-fleurs et du fumier. Ces actions deviennent de plus en plus tendues alors que le gouvernement reste inflexible sur la date de mise en application de l'écotaxe au 1er janvier 2014, assurant cependant à la Bretagne un abattement de 50% en raison de son éloignement du reste de l'espace européen.