Drame de l'A20 : le désert médical en débat

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Drame de l'A20 : le désert médical en débat
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Le débat sur l'accès aux soins est relancé après la naissance d'un bébé mort-né sur une autoroute du Lot.

Le décès d'un nourrisson suite à l'accouchement au milieu de l'autoroute A-20 dans le Lot vendredi relance le débat sur les déserts médicaux. Une femme de 35 ans a accouché alors qu'elle se rendait en urgence par ses propres moyens à la maternité de Brive, à une heure de chez elle, faute de maternité dans le nord du département où elle réside.

Samedi, François Hollande a demandé une enquête administrative afin de "tout connaître" des circonstances de ce drame. Cela "nous appelle une nouvelle fois, encore, à ne rien accepter en matière de désert médical", a souligné le président de la République avant de "prendre l'engagement, celui que j'avais déjà énoncé avant l'élection présidentielle, et que je rappelle ici comme chef de l'Etat : aucun Français ne doit se trouver à plus de 30 minutes de soins d'urgence".

>> Vivez-vous dans un désert médical ?

"Il ne reste que 535 maternités"

La Lotoise se trouvait justement dans un désert médical, ces zones où l'accès aux soins est insuffisant. Le Lot, en effet, ne compte désormais plus qu'une maternité à Cahors pour 170.000 habitants, après la fermeture en 2009 de celle de Figeac et de celle de Gourdon quelques années plus tôt.

Sur Europe 1, samedi, Patrick Pelloux, le président de la fédération des médecins urgentistes s'est insurgé contre ce manque de maternités. "Au début des années 200, il y avait 700 maternités en France, et il n'en reste que 535. 535 pour 65 millions d'habitants et pour un pays qui a la plus forte fécondité en Europe", a-t-il souligné.

"Les regroupements sont néfastes"

"Aujourd'hui, les regroupements sont néfastes de part l'éloignement et les difficultés d'accès", a pour sa part déploré Michel Antony, président de la Coordination nationale pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité.

Le Lot est en effet l'un des huit départements les moins bien lotis en matière d'accès aux soins. "Plus de la moitié des femmes y accouchent à une demi-heure ou plus de leur domicile alors que moins de 15% sont dans ce cas en Île-de-France et dans le département du Nord".