Dr Muller : deux témoins mis à mal

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Dr Muller : deux témoins mis à mal
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Appuyant la thèse du meurtre, deux gendarmes ont affirmé que le médecin avait pris une douche juste après la mort de sa femme.

Coup de théâtre dans le procès du Docteur Muller, accusé d'avoir maquillé le meurtre de sa femme en suicide. Le témoignage du directeur d'enquêtes, Patrick Géant, a été mis à mal mardi par la défense qui l'accuse d'avoir inventé des éléments à charge contre le Dr Muller. Lundi, à la barre, Patrick Géant avait annoncé avoir recueilli des confidences de deux gendarmes. Ces derniers affirment que le Dr Muller se serait douché avant d'accueillir les enquêteurs le soir du drame. Des révélations qui ont conduit la cour d'assises de Nancy à ordonner l'audition de ces deux témoins surprise. Sauf que les témoins interrogés mardi ne se sont pas révélés très convainquant. Europe 1 vous explique pourquoi.

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Des souvenirs qui font surface 14 ans après. Les deux gendarmes ont été entendus dans la journée de mardi par la présidente de la cour d'assises de Nancy. Au cours de l'audience cette dernière s'est étonnée que les fonctionnaires aient attendu si longtemps pour apporter des éléments à charge contre l'accusé. "Comment vous avez pu ne pas vous rendre compte pendant 14 ans que cette information était capitale ?", a-t-elle demandé au premier gendarme entendu dans la matinée. "Vous vous êtes jamais dit "j'ai une information importante", a-t-elle poursuivi. "Je l'ai vu, ça m'a étonné, et c'est un sujet qui ne m'a plus jamais lâché. S'il doit être considéré que c'est une erreur de ma part, je le reconnais", a répondu l'un des gendarmes tentant toutefois de faire peser la faute sur sa hiérarchie. "J'ai toujours été étonné de n'avoir jamais été convoqué", a-t-il lâché.

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"Il a dû téléphoner sous la douche !". La présidente, incrédule, l'a ensuite interrogé sur la possibilité de cheveux mouillés par la sueur. "Peut-être", a répondu le gendarme, bredouillant ne plus se souvenir si Jean-Louis Muller "avait le visage mouillé, ni comment il était habillé". "Qu'est-ce qui vous a fait penser qu'il sortait de la douche ?", a encore insisté la présidente. "Je n'ai pas parlé de douche", lui a répondu le témoin.

Des imprécisions qui ont permis à l'avocat de Jean-Louis Muller de "démolir" la thèse de la douche. Me Dupont-Moretti a d'ailleurs rappelé que son client avait prévenu les gendarmes de la mort de sa femme vers 21h30, et qu'avant leur arrivée, il avait passé six coups de téléphone. Ce qui laisse peu de temps pour prendre une douche a estimé l'avocat. "Dr Muller passe cinq coups de fil en une demi-heure. Il a dû téléphoner sous la douche !", a ironisé Me Dupont-Moretti avant de s'emporter.

Des détails pas inscrits dans le procès verbal. "Les histoires de dernière minute 15 ans après, ça suffit ! Quand on a des informations importantes, on les livre, c'est la base de votre métier !", a-t-il fustigé, rappelant que les autres gendarmes présents sur les lieux n'avaient pas fait état de ce détail dans le procès verbal. Les deux gendarmes n'avaient en effet pas fait état de leurs "impressions" relatives à cette douche dans le procès verbal. De fait, ces détails n'ont que très peu de valeurs aux yeux des juges. Tout ce qui n'est pas inscrit dans le procès verbal s'apparente à des "témoignages ordinaires".

"Tous les éléments conduisent à une culpabilité". Dans tous les cas, malgré le manque de preuves formelles contre l'accusé, les jurés populaires ont déjà estimé à deux reprises que Jean-Louis Muller était coupable. "Certes, nous n'avons ni d'aveux, ni d'éléments matériels incontestables, mais nous avons une accumulation de charges. Lorsqu'on additionne tous les éléments ça conduit à une culpabilité, telle que deux cours d'assises l'ont déjà reconnue", avait commenté à l'ouverture du procès, l'un des avocats des parties civiles, Maître Michael Wacquez. Jean-Louis Muller encourt une peine de 30 ans de réclusion criminelle.

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