Doux : une reprise "sans dépeçage"

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Doux : une reprise "sans dépeçage"
L'administrateur judiciaire présentera vendredi matin l'ensemble des offres aux syndicats.@ MAX PPP
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Onze propositions de reprise ont été déposées. Des offres "minables" selon les syndicats.

Le temps presse et l'avenir du groupe est toujours aussi incertain. Onze offres de reprise du volailler Doux ont été déposées auprès de l'administrateur judiciaire. Le ministère du Redressement productif plaide pour une reprise sans "dépeçage".

La famille Doux prépare un "plan de continuation" de l'activité du groupe volailler breton

Onze sociétés

Onze sociétés ont fait des offres de reprise sur le groupe agroalimentaire français Doux en redressement judiciaire depuis le 1er juin, selon une source syndicale. Parmi ces sociétés figurent LDC, Tilly-Sabco, la Financière Turenne-La Fayette et un consortium menée par Sofiprotéol.

Le contenu de ces propositions de reprise du groupe Doux, placé en redressement judiciaire début juin et mis en vente dans la foulée, n'a pas été révélé. Le tribunal de commerce de Quimper doit examiner les dossiers dans les jours à venir et se prononcer sur le nom du repreneur le 16 juillet.

Le ministère contre le consortium

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© MAXPPP

Le ministère du Redressement productif, dirigé par Arnaud Montebourg, a d'ores et déjà fait savoir que les repreneurs devaient améliorer leurs propositions. Le ministère vise en particulier l'offre du groupe Sofiprotéol, qui rassemble les différents acteurs français du secteur volailler : Glon Sanders (filiale de Sofiprotéol), Duc, LDC, Terrena, Tilly-Sabco et Triskalia, dont certains ont également fait des offres individuelles.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a défini vendredi deux critères pour la reprise du volailler en redressement judiciaire Doux : la reprise par une seule entité "sans dépeçage" et le maintien d'"un maximum" de sites et d'emplois.

"A ce stade, le projet qui se dit 'consortium' n'est pas le projet du ministère, loin de là", a-t-on affirmé également, en évoquant le projet organisé autour de Sofiprotéol, qui a mené un "tour de table" rassemblant des coopératives et des acteurs privés du secteur avicole pour monter un dossier de reprise.

"Un plan de continuation"

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© MAXPPP

Propriétaire du célèbre "Père Dodu", le groupe Doux ploie sous une dette estimée à 430 millions d'euros. Ses difficultés financières ont conduit son PDG Charles Doux à le déclarer en cessation de paiement début juin. La cession la semaine dernière d'un actif non stratégique, l'usine Stanven dans le Morbihan, pour 22 millions d'euros, a donné au groupe une bouffée d'air frais.

La famille Doux prépare un "plan de continuation" de l'activité du groupe volailler breton, a fait savoir vendredi un porte-parole du groupe. "Les administrateurs judiciaires du Groupe Doux annoncent avoir reçu une dizaine d'offres de reprises du groupe globales, partielles ou complémentaires, hier. Ces offres pourront être améliorées pour devenir satisfaisantes", a expliqué ce porte-parole dans un communiqué. "L'ensemble des solutions proposées doit maintenant être analysé, y compris le plan de continuation à l'étude par l'actionnaire actuel du groupe Doux", a-t-il ajouté.

Présent des produits frais et congelés aux produits élaborés, Doux est un acteur de poids dans les zones rurales. Détenu à 80% par la famille Doux et à 20% par la banque BNP Paribas, il emploie 3.400 personnes en France, essentiellement en Bretagne mais aussi dans le Centre, les Pays de la Loire et le Pas-de-Calais. Sans compter les dizaines de milliers d'emplois induits. Il est également en contrat avec 800 aviculteurs.

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© Max PPP

"Des offres minables"

Les représentants syndicaux du groupe Doux, réunis vendredi à Châteaulin en comité central d'entreprise au cours duquel leur sont présentées les propositions de reprise du groupe, se sont montrés déçus des offres déposées, lors d'une interruption de séance.

Il y a "très peu d'argent sur la table. Le prix de reprise de cinq des sept (propositions) est minable. C'est une offre qui n'est pas acceptable", a déclaré le délégué CFDT, Jean-Luc Guillart.