Donnedieu de Vabres remis en liberté

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Donnedieu de Vabres remis en liberté
L'ancien ministre Renaud Donnedieu de Vabres a été remis en liberté mercredi à l'issue de sa garde à vue sans être présenté aux juges d'instruction.@ MAX PPP
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 L'ex-ministre était entendu depuis mardi dans l’enquête sur le volet financier de l’affaire Karachi.

Depuis mardi matin, Renaud Donnedieu de Vabres était entendu sous le régime de la garde à vue, concernant le volet financier de l'affaire Karachi, selon une information révélée par Europe 1. L'ancien ministre et ancien conseiller spécial de François Léotard devait ensuite être présenté à un juge avant une éventuelle mise en examen, mais Renaud Donnedieu de Vabres a finalement été remis en liberté mercredi après-midi, sans être présenté à un juge, a-t-on appris de source judiciaire. Les juges d'instruction aviseront de la suite à donner concernant le statut de Renaud Donnedieu de Vabres, qui n'est donc pas mis en examen dans l'immédiat, a-t-on précisé.

Mis en cause par un ex-collaborateur de Léotard

Fin novembre, Patrice Molle, un ancien membre du cabinet de François Léotard au sein du ministère de la Défense, s'était confié au journal Le Mondeet avait mis en cause Renaud Donnedieu de Vabres, dans l'affaire Karachi.

Renaud Donnedieu de Vabres était interrogé précisément dans le cadre de l’enquête sur le volet financier de l’affaire Karachi. Agissant sur commission rogatoire du juge Van Ruymbecke, les policiers de la Division nationale des investigations financières s'étaient présentés mardi matin au domicile de l'ancien ministre.

A un poste-clé au ministère de la Défense

Retour sur les faits : avant l’élection présidentielle de 1995, Renaud Donnedieu de Vabres était le conseiller spécial du ministre de la Défense de l’époque François Léotard. Et c’est Renaud Donnedieu de Vabres en personne qui aurait imposé, au dernier moment, deux intermédiaires libanais dans les négociations engagées pour deux contrats d'armement très importants : la vente de sous-marins au Pakistan et celle de frégates à l'Arabie Saoudite.

Parmi ces deux intermédiaires qu'aurait imposés Renaud Donnedieu de Vabres : Ziad Takkiedine, homme d'affaires franco-libanais, lui-même poursuivi pour des malversations présumées dans l'affaire Karachi. C'est par lui qu'auraient transité plus de 230 millions d'euros de commissions occultes.

Face au juge Renaud Van Ruymbeke, Renaud Donnedieu de Vabres avait reconnu fin novembre avoir rencontré deux hommes d’affaires libanais au ministère de la Défense. Mais il a assuré qu’il n’avait pas participé à la négociation du contrat qui a suivi.