Directeurs de prison : "un ras-le-bol profond"

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Directeurs de prison : "un ras-le-bol profond"
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Les directeurs de prison se rassemblement mardi place Vendôme pour exprimer leur "malaise".

C'est une manifestation plutôt rare. Des directeurs de prison se retrouvent mardi, à 12h30, place Vendôme, non loin du ministère de la Justice, pour exprimer le "malaise profond" au sein de leur profession.

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"Le sentiment de ne pas être pris au sérieux". A l'appel du syndicat national pénitentiaire Force Ouvrière, les directeurs des services pénitentiaires entendent en effet exprimer leur colère concernant les conditions de travail de plus en plus dégradées qui leur sont imposées. "Les directeurs de prison ont peu l'occasion de se rassembler de cette façon là, place Vendôme. C'est un petit peu un ras le bol qui se fait jour, parce qu'on a vraiment le sentiment aujourd'hui de ne pas être entendus, peut-être même de ne pas être pris au sérieux", constate Jimmy Delliste, secrétaire général du syndicat national pénitentiaire FO direction, interrogé par Europe 1.

"Manque de considération politique". Le syndicaliste dénonce notamment le manque de reconnaissance, de la part à la fois des citoyens, mais aussi des politiques. "Je pense que le citoyen lambda n'a pas forcément une réelle conception de ce qu'il se passe dans les établissements français et je pense que l'on souffre un peu de ça. Et le manque de considération politique qui est parfois donné à l'endroit des directeurs d'établissement pénitentiaire est aussi le reflet de ça. On a un peu l'impression qu'il faut cacher les établissements pénitentiaires, qu'il faut cacher ces prisons. On n'a pas le sentiment qu'un Etat de droit, comme est la France, ne puisse se passer des établissements pénitentiaires", commente-t-il au micro d'Europe 1.

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© MAXPPP

"Nous donner les moyens". Le secrétaire général du syndicat national pénitentiaire FO direction dénonce également le manque de moyens accordés aux administrations pénitentiaires. Le budget de fonctionnement est en baisse d'un quart sur l'année 2012, selon le syndicat. "Encore faut-il leur donner les moyens de fonctionner. On est les premiers à demander à ce que les conditions de détention soient les plus dignes possibles. Il suffit simplement de nous donner les moyens pour cela. Qu'on travaille sur la prévention de la récidive, mais qu'on puisse aussi déployer à minima des moyens et des procédures de sécurité qui soient adaptées à nos difficultés", réclame Jimmy Delliste.

Selon le syndicat FO, ce manque de moyen pour améliorer les conditions d'incarcération engendre des tensions toujours plus vives en détention et ne résout rien au problème de surpopulation constante. Au mois de mai, les chiffres ont en effet atteint un record de taux de surpopulation carcérale à 118% en 2013.