Diane 35 : contre l'acné, quel traitement ?
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La menace d'une disparition de Diane 35 réduit les traitements disponibles pour lutter contre l'acné.

A quelques jours de la remise des conclusions de l'Agence nationale de la sécurité du médicament sur Diane 35, certains dermatologues s'inquiètent de la possible disparition de ce médicament. Selon des informations recueillies par Europe 1, l'ANSM pourrait en effet demander la suspension de la commercialisation de ce traitement anti-acné, également prescrit depuis plus de vingt ans comme pilule contraceptive. Or l'autre médicament le plus connu pour soigner l'acné, Roaccutane, a lui aussi été retiré du marché.

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• Ce qu'on reproche à Roaccutane. Le Roaccutane, utilisé pendant de nombreuses années pour soigner les acnés sévères, avait déjà été retiré du commerce en 2008. En cause, des effets indésirables, qui pouvaient entraîner des symptômes de dépression et même, dans certains cas, pousser les patients au suicide. Selon l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps, ancêtre de l'ANSM), 25 à 27 adolescents auraient ainsi mis fin à leurs jours entre 1986 et 2009.

Diane 35, "conforme aux bonnes pratiques". Marie-Estelle Roux, dermatologue à Paris interrogée par Europe1.fr, s'étonne du battage médiatique qui entoure Diane 35. "Comme toutes les pilules contraceptives, il y a un risque thromboembolique : avant de le prescrire, il faut s'assurer que la patiente n'est pas un sujet à risque. Mais quand toutes les règles sont respectées, il n'y a pas de problème". Une autre dermato confirme à Libération : "L’acétate de cyprotérone (l'un des composants de Diane 35, ndlr) est un traitement anti-acnéique. Mais c’est, par son mode d’action, un contraceptif. Il apparaît conforme aux bonnes pratiques médicales chez une patiente porteuse d’une acné sévère."

Quelles autres solutions ? Marie-Estelle Roux regrette, même si elle est justifiée, la disparition des différents traitements contre l'acné : "On n'a plus le Roaccutane, si l'on ne peut plus prescrire de Diane 35 non plus, on n'aura plus de traitement hormonal. Il ne restera plus que des solutions antibiotiques." Une alternative qui permet certes de traiter l'inflammation, mais qui est généralement considérée comme moins efficace : "Le traitement hormonal de l’acné est très important chez la femme. Il permet souvent d’éviter un traitement par isotrétinoïne (la molécule du Roaccutane), évite la récidive de l’acné à l’arrêt des traitements et débarrasse les femmes d’une acné tardive souvent gênante", explique sur son site Internet Philippe Abimelec, lui aussi dermatologue à Paris.