Deux témoins secouent le procès Colonna

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Deux témoins secouent le procès Colonna
Le principal témoin ne reconnaît toujours pas Yvan Colonna.@ Reuters
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L’ex-bras droit du préfet Erignac a présenté mardi de nouvelles allégations, jugées confuses.

Didier Vinolas, qui était le bras droit du préfet Erignac, a tenté mardi de faire rebondir le procès Colonna. Lors du second procès du meurtrier présumé du préfet Erignac, il avait déjà fait état d’hypothétiques autres coupables jamais arrêtés. Mardi, tout en répétant cette dernière affirmation, il a ajouté que Claude Erignac avait été tué de quatre balles, et non trois, comme la justice l’avait retenu jusqu’à présent.

Didier Vinolas a dit avoir vu, sur le corps du préfet aux pompes funèbres le soir de l’assassinat, en 1998, quatre et non trois impacts de balle. Une déposition qui a cependant laissé la cour d’assises de Paris perplexe. Le président Hervé Stéphan a fait remarquer que le témoin n'avait jamais parlé des quatre balles lors d'interrogatoires en 1998, 1999, 2007 et 2009.

Ni lui ni la défense d’Yvan Colonna n’ont semblé souhaiter demander un complément d’enquête. Le président de la cour a décidé toutefois de reconvoquer jeudi prochain Didier Vinolas afin de discuter des éventuelles suites de ces affirmations.

Le principal témoin ne reconnaît toujours pas Colonna

Autre rebondissement qui s’avère être une répétition, le principal témoin oculaire de l’assassinat du préfet Erignac est lui aussi venu à la barre pour affirmer qu'il ne reconnaissait pas Yvan Colonna. Le 6 février 1998, jour de l’assassinat de Claude Erignac, Joseph Colombani, haut-fonctionnaire corse, attendait Claude Erignac sur les marches du théâtre Kallisté, à Ajaccio, où les deux hommes devaient assister à un concert.

Il a décrit le tireur, vêtu selon lui d'une doudoune gris foncé et d'un "couvre-chef bleu marine", comme un "homme assez costaud" au "visage bien rempli", d'une "stature plus imposante" que son complice. "Lorsque je vois M. Colonna, je n'ai pas l'impression de voir celui qui a tiré ce soir-là", a-t-il asséné.

Déjà lors du premier procès Colonna en 2007, Joseph Colombani avait déjà expliqué ne pas ressentir de "déclic" quand il regardait le berger corse, et s'était montré formel sur la présence d'uniquement deux agresseurs.Ce qui n'a pas empêché Yvan Colonna d'être condamné deux fois à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac.