Des soubrettes "à louer" sur la toile

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Des soubrettes "à louer" sur la toile
Le site propose aux internautes des femmes de ménage déguisées en soubrettes "sexy".@ CAPTURE D'ECRAN
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Un site internet proposant les services de femmes de ménage "sexy" crée la polémique.

"Vous avez besoin d’une femme de ménage ? Notre ‘Lady Clean’ est sociable, amusante et très sexy". L’annonce du site Sensual Clean Service se veut aguicheuse. Fondée par Johann Blazy, un ancien coursier de 29 ans, l’entreprise est enregistrée à la Chambre des métiers de l’Aude comme une simple "société de nettoyage". Or, bien plus que des services ménagers, elle propose les services de femmes déguisées en soubrettes, censées faire le ménage en petite tenue pour satisfaire les fantasmes de leurs clients.

Les internautes habitant Paris, Lyon, Montpellier et Lille peuvent ainsi "réserver" une femme de ménage, pour des prix variant entre 75 et 150 euros de l’heure, en fonction du degré de nudité de la ménagère.

Des élues s’indignent

La maire communiste de Vénissieux (Rhône), Michèle Picard, s’est dite scandalisée lorsqu'elle a eu vent de l'existence d'un tel site. Dans un communiqué, l’élue pointe une offre "consternante" et "sexiste". Michèle Picard y voit en effet une "insulte à l’image de la femme" et une "forme d’exploitation de l’humain, qui rappelle étrangement celui de la prostitution".

"Vous réveillez d’outre-tombe des fantasmes de soubrettes asservies, aux relents nauséabonds voire pornographiques", poursuit la maire, faisant écho à l’adjointe au maire de Montpellier, Françoise Prunier, qui s'était indignée que le quotidien Midi Libre ait publié un article spécialement consacré à l'entreprise. En faisant appel à des "étudiantes" ou des "femmes sans emploi", Sensual Clean Service "ose exploiter la misère féminine", argumente Michèle Picard.

"Notre idée fait des jaloux"

Le créateur du site, lui, réfute toute accusation de proxénétisme. Johann Blazy préfère comparer son activité à "du spectacle". "Notre idée est nouvelle, elle fait des jaloux", prétend-il dans les colonnes du Parisien.

"Il ne s’agit pas de prostitution, ni d’escort-girl. Il est écrit dans le contrat que les clients n’ont pas le droit de toucher nos Lady Clean, ni de les filmer". Les quatre employées actuelles, dit-il, trouvent ça "fun".

Un site "moralement correct"

Une liberté de surface, affirme pour sa part Caroline de Haas, porte-parole du mouvement Osez le féminisme. Le site internet "perpétue un modèle de sexualité" rétrograde, "basé sur la domination des hommes", développe-t-elle ainsi pour Europe1.fr. "Les femmes sont là pour servir la libido", constate la militante, qui dénonce un site "sexiste".

Pour Caroline de Haas, un tel site internet ne mérite pas tant de "publicité". Il a toutefois le mérite de "révéler la véritable nature des rapports hommes-femmes" dans une société qui "se prétend égalitaire".