Des règles pour l’amour en ligne

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Des règles pour l’amour en ligne
Les femmes pâtissent, plus que les hommes, du "problème de confiance" suscité par le web, selon la co-fondatrice de Love Confident.@ Reuters
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Une charte, signée par quatre sites, se propose de sécuriser les rencontres sur Internet.

"L’amour n’a jamais connu de loi", chantait Carmen. A l’ère du 2.0, les sentiments virtuels, eux, vont en revanche être réglementés. Le réseau féminin communautaire "Love Confident" a lancé une charte de confiance et de bonne conduite à l’usage des sites de rencontre. Pour le moment, quatre de ces plateformes (sur les quelque 2.000 existantes) l’ont signée : Parship, Smardate, e-Darling et Points communs.

Depuis la naissance des sites de rencontre, il y a une dizaine d’années, seul le blog Dating Watch avait tenté de réglementer l’amour en ligne, avec une charte déontologique, en janvier 2008. La tentative avait été tuée dans l’œuf. Aujourd’hui, Love Confident essaie de récupérer le flambeau.

Parmi les nouvelles règles, détaillées en dix points, l’ "impossibilité d’utiliser la même photo sur plusieurs comptes", ou encore la garantie d’un service consommateurs "accessible et réactif". L’objectif est de nettoyer les sites qui se veulent sérieux de tous "chasseurs" ou hommes mariés cachés potentiels.

"Un vrai problème de confiance sur Internet"

Une démarche indispensable, pour Marie-Christine Crolard, co-fondatrice du site : "il y a un vrai problème de la confiance sur Internet, surtout au niveau des femmes", estime-t-elle, jointe par Europe1.fr. "Tant qu’on n’a pas testé la rencontre sur le net, c’est impossible à imaginer. Mais c’est une expérience très particulière. Derrière l’écran qui désinhibe, on finit par se livrer à de parfaits inconnus". Avec parfois des situations extrêmes, comme des femmes qui "donnent de l’argent à des inconnus", ou qui "se dénudent derrière leur webcam", alerte Marie-Christine Crolard.

Love Confident se targue d’avoir recueilli plus de 10.000 témoignages de femmes "trompées sur la marchandise", en un an. Sur le site, les internautes se mettent en garde entre elles, un peu à la manière de bonnes copines, contre les stratagèmes d’hommes mal intentionnés. Ainsi "Many-chérie" signale "Arni05", "un pseudo à éviter sur Meetic". La raison ? Il "vous largue au bout d'un mois sans explication puisqu'il ne répond plus à vos messages", avertit la femme éconduite. "Méfiez-vous", c’est "un beau-parleur", conclut le post.

10% des Français a surfé sur un site de rencontre

Au-delà de la simple volonté vertueuse de préserver les célibataires connectées, cette charte est un bon moyen pour les signataires de se montrer sérieux, par opposition aux autres sites, sur un marché de plus en plus concurrentiel. D’après le sociologue Michel Bozon, dans La sexualité des Français, 10% de la population s’est déjà connectée à un site de rencontre. Meetic (non-signataire de la charte), le plus important en volume, avec 3,5 millions de visiteurs uniques par mois, voit d’ailleurs son trafic ralentir en janvier, et ce pour la première fois.

"Etre signataires de la charte nous apporte de la reconnaissance", explique à Europe1.fr Sandra Yonter, directrice de Parship France. "Les sites de rencontre ne sont plus seulement des bases de données. A présent, il y a l’importance du buzz, qui fait l’e-réputation de chaque site", ajoute-t-elle.

Surtout, signer la charte pourrait permettre aux sites de rencontre d’attirer plus de femmes, en minorité en général. Selon Michel Bozon, elles ne représentent que 30 à 50% des célibataires des sites classiques.