Des policiers s’épanchent sur YouTube

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Des policiers s’épanchent sur YouTube
Plusieurs policiers dénoncent leurs conditions de travail sur des vidéos postées sur YouTube.@ CAPTURE D'ECRAN YOUTUBE
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INFO E1 - L’un d’eux, qui a ainsi rompu son devoir de réserve, a été identifié par sa hiérarchie.

Plusieurs policiers ont récemment rompu leur devoir de réserve en apparaissant - anonymement - sur des vidéos postées sur YouTube. L’opération, menée par le mystérieux collectif FPC, vise à dénoncer la politique du chiffre voulue par le gouvernement, les conditions de garde à vue ou les suicides dans la police.

Un policier reconnu

"Le devoir de réserve n’est pas une obligation de se taire", argumente FPC en préambule de ces trois vidéos. Conscients tout de même de risquer des sanctions, les fonctionnaires qui témoignent le font de dos, coiffés d’une perruque. En outre, leur voix a été modifiée.

Mais selon les informations d’Europe 1, un officier parisien a reconnu un des locaux dans lesquels les vidéos ont été tournées. Un fonctionnaire de police a également été identifié. Interrogé de manière informelle par sa hiérarchie, il a reconnu sa participation à l’opération. Officiellement, aucune enquête n’a encore été ouverte, mais cela devrait être fait dès jeudi. Notamment pour déterminer comment un fonctionnaire a pu laisser un journaliste filmer à l’intérieur de locaux de la police sans l’autorisation de sa hiérarchie.

"On se sert de la police pour se faire élire"

S'appuyant sur des exemples concrets, les policiers déplorent dans les vidéos "les interpellations à tour de bras" ou le harcèlement des automobilistes en vue de les verbaliser "alors qu'auparavant, une petite remontrance suffisait". Cette politique découle, selon eux, de la volonté de Nicolas Sarkozy de rétribuer la hiérarchie policière au mérite pour obtenir de meilleurs résultats contre l'insécurité. "Les politiques, je pense que ces gens-là ne doivent pas voir la réalité du terrain", dit un policier du collectif. "On se sert de la police pour se faire élire", ajoute-t-il, visant sans le nommer le chef de l'Etat.

Le ministère de l'Intérieur a mis en garde ces derniers mois les policiers sur le nécessaire respect du devoir de réserve sur les sites sociaux. Avec la circonstance aggravante d’avoir "clandestinement" fait entrer un journaliste dans un commissariat, des sanctions pourraient donc tomber pour le non-respect de cette consigne.