Des policiers lancent une "grève du zèle"

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Des policiers lancent une "grève du zèle"
Cette action spontanée pourrait également être reproduite aux commissariats de Nantes, La Baule et Saint-Nazaire.@ MAX PPP
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Les agents d'Angers protestent contre la mise en examen de leur collègue de Noisy-le-Sec.

Les policiers ne décolèrent pas. Après la mise en examen pour homicide volontaire de leur collègue qui a tiré sur un suspect en fuite à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, des agents du commissariat d'Angers ont décidé d'entamer vendredi une "grève du zêle", révèle le journal Ouest France.

"Ça consiste à faire ce qui est légalement autorisé. A respecter les notes de service qui disent tout et son contraire. On ne sort que sur appel pour répondre à la police secours. On fait le strict minimum pour montrer notre mécontentement", a affirmé sur Europe 1, Philippe Boussion, syndicaliste Unité SGP Police. Pas question donc "d'entamer des chasses de véhicules volés". "C'est interdit. Les collègues peuvent être sanctionnés, voire rembourser les dégâts sur les voitures de police. On va appliquer la règle que l'on enfreint tous les jours", a-t-il assuré.

Cette action spontanée pourrait également être reproduite aux commissariats de Nantes, La Baule et Saint-Nazaire.

"J'ai remis cette revendication en 2002"

Le mécontentement des dizaines d'agents qui avaient manifesté la veille sur les Champs-Élysées est donc devenu un enjeu politique. Jeudi, les deux candidats à la présidentielle ont voulu répondre à cette grogne. Alors que Nicolas Sarkozy souhaite la mise en place d'une "présomption de légitime défense", François Hollande, lui, s'y oppose et propose en revanche, une "protection juridique" du ministère de l'Intérieur, avec "le maintien du salaire et de l'indemnité".

"Ce qui nous étonne quand même, au-delà de la présomption de légitime défense, c'est la présomption d'innocence qui nous est systématiquement refusée en tant que policiers par rapport au citoyen landa", a déploré Philippe Boussion sur Europe 1. "Ce que je m'étonne, c'est qu'on en parle à huit jours des élections alors que personnellement, j'ai remis cette revendication là, le 13 août 2002, au ministre de l'époque (Nicolas Sarkozy)", a-t-il affirmé.

Selon le syndicaliste, "on parle des malaises chez les policiers parce qu'il y a un fait divers. Au-delà de l'affaire du 93, il y avait un ras-le-bol général" de la profession.