Des nouveaux prénoms anti-discrimination

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Des nouveaux prénoms anti-discrimination
@ MAXPPP
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Une Aixoise a obtenu de la justice que Mohammed et Fatima soient remplacés par Kévin et Nadia.

Changer de prénom pour éviter la discrimination. C'est ce qu'a imaginé une mère de famille d'Aix-en-Provence pour ses deux enfants, Mohammed et Fatima. Son avocate a donc porté une demande de changement de prénoms devant un juge aux affaires familiales... qui l'a acceptée malgré le principe d'immutabilité de l'état civil.

"Ses deux enfants, un garçon et une fille âgés d'une dizaine d'années ont été déclarés à leur naissance par leur père. Celui-ci a choisi des prénoms avec lesquels ma cliente n'était déjà pas franchement d'accord", justifie Me Camille Perdiguero, interrogée par La Provence.

"Elle m'a dit : 'je ne veux pas que ma fille soit femme de ménage comme moi, je ne veux pas que mon fils soit ouvrier, qu'il y ait les portes qui se ferment à cause de son prénom'. Ceux qui disent que cela n'existe pas, ils vivent au pays de Candie", a-t-elle expliqué à la correspondante d'Europe 1 à Marseille.

Les enfants sont contents

Résultat, les enfants portent désormais le prénom qu'ils ont choisi, Kévin pour Mohammed et Nadia pour Fatima. L'avocate a reconnu que c'est "une petite révolution" pour les enfants, mais "ils l'attendaient vraiment", "surtout à l'école", a-t-elle confirmé.

Cette mère de famille s'est appuyée sur sa propre histoire pour motiver cette demande. Selon elle, on ne peut pas trouver du travail aussi facilement "quand on s'appelle Mohammed ou Alexandre". "Aïcha, ma cliente, a le sentiment d'être limitée à des fonctions de femme de ménage. Elle voulait autre chose pour ses enfants, et pour cette mère cela passe par leur prénom", conclut l'avocate.

"Je comprends la démarche"

Interrogée par Europe1, Renée Le Mignot, co-présidente du MRAP ne se dit pas choquée par cette démarche. "Quand on sait que dans 4 fois sur 5, soit 78,7% des cas, les employeurs favorisent les candidats de types européens, on ne peut que comprendre cette démarche. La priorité de cette mère, c'est l'avenir de ses enfants, et c'est bien normal", commente la co-présidente du MRAP.