Des maltraitances à l'hôpital de Clermont

  • A
  • A
Des maltraitances à l'hôpital de Clermont
Des patients en guenille, des sanitaires vétustes. Un rapport de l'Igas critique la gestion de l'hôpital.@ MAXPPP
Partagez sur :

Des patients en guenille, des sanitaires vétustes. Un rapport de l'Igas critique la gestion de l'hôpital.

Il est l'un des dix plus grands hôpitaux de France dans sa spécialité : les maladies mentales. Mais le centre hospitalier interdépartemental (CHI) de Clermont, dans l'Oise, est vivement critiqué dans un rapport de l'inspection générale des affaires sociales (Igas). Le Parisien s'est procuré ce document de 220 pages, rédigé fin 2010, mais jamais publié par peur "de l'impact social qu'il aurait pu avoir". C'est aussi le principal employeur de la région avec près de 3.000 personnes qui y travaillent.

"Suppressions de 200 lits d'adultes, fermeture de plusieurs pavillons ou encore travaux d'urgence", la liste des recommandations de l'Igas est longue. Trois principaux dysfonctionnements sont mis en avant dans ce rapport, explique le Parisien.

"De la maltraitance institutionnelle"

Dans son  rapport, l 'Igas met notamment en cause la vétusté des bâtiments. Il pointe, entre autre, que "dans un pavillon les plafonniers sont allumés 24 heures sur 24. Une pratique condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme" et ajoute que "dans la même unité, il n'y a pas de sanitaires dans les chambres", révèle le Parisien.

Crée il y a deux siècles, le CHI de Clermont, représentait, dans les années 60, le plus grand asile de France. Il a alors accueilli  près de 4.000 malades mentaux. Aujourd'hui, des patients sont toujours soignés sur le "long cours". Sur les 800 que comptent le CHI, près de 100 sont hospitalisés à temps complet depuis dix ans.

Le directeur par intérim de Clermont, François Maury admet toutefois "des maltraitances liées à l'hébergement", mais qui ont été en partie résolues par des fermetures et des rénovations".

Mauvaises "pratiques soignantes"

Le rapport souligne aussi que les patients sont parfois "en guenilles", enfermés "en permanence". L'enquête précise que cela relève "d'une mauvaise prise en charge, d'un abandon des malades". Un membre de l'Unafam, une association des familles de malades, explique au Parisien "être encore désorienté par le sort réservé à sa fille". Mais plane aussi "la peur des représailles contre leurs proches hospitalisés", insiste le rapport de l'Igas. Il est en effet "difficile pour les familles de malades de s'exprimer dans l'anonymat".

Des médecins "laxistes"

L'Igas pointe aussi du doigt "l'assiduité trop faible, les absences injustifiées et le laxisme", de certains médecins. Depuis, certaines mesures ont été prises pour corriger certains dysfonctionnements. En mai dernier, la directrice du centre hospitalier a été licencié. Une maison d'accueil de 60 places spécialisée a également ouvert le 2 novembre près de Clermont.

Par ailleurs, une aide de 30 millions d'euro pourrait être débloquée pour des travaux dans le cadre du dispositif national Hôpital 2012. L'an prochain, un projet architectural doit être présenté. Il prévoit notamment la disparition du site et sa reconstruction sur un autre site. "Coût de l'opération : entre 85 et 130 millions d'euros", précise le directeur par intérim du CHI, François Maury.