Des magistrats votent contre Sarkozy

  • A
  • A
Des magistrats votent contre Sarkozy
Le Syndicat de la magistrature reproche à Nicolas Sarkozy - entre autres - d'avoir "affaibli l'autorité judiciaire".@ Reuters
Partagez sur :

Le Syndicat de la magistrature lui reproche d'avoir "violé la séparation des pouvoirs".

A quatre jours de l'élection présidentielle, le Syndicat de la magistrature, plutôt à gauche, a choisi son camp. Ou plutôt celui contre lequel il votera. Mercredi, Matthieu Bonduelle, le président de cette organisation, signe une lettre ouverte dans laquelle il appelle à voter contre Nicolas Sarkozy, et en explique les raisons.

"Nous sommes conséquents : cela fait dix ans que nous dénonçons la particulière nocivité de votre politique pour la justice et les libertés dans ce pays", écrit-il. "Nous n'avons pas l'habitude d'avancer masqués, nous avions déjà appelé à voter contre vous en 2007 et nous avons davantage encore de raisons de le faire en 2012, votre bilan s'étant considérablement alourdi", ajoute la lettre ouverte.

Un bilan critiqué par le menu

En 2007, le Syndicat de la magistrature avait déjà pointé du doigt le bilan de Nicolas Sarkozy place Beauvau. En tant que ministre de l'Intérieur, il s'était attiré les foudres de certains magistrats en demandant "la remise en liberté, par des magistrats de Créteil, d’étrangers pourtant retenus illégalement", ou en réclamant "la punition de magistrats de Bobigny contraints d’interrompre une audience faute d’escortes policières pour les prévenus détenus".

Aujourd'hui, le Syndicat de la magistrature dit vouloir empêcher Nicolas Sarkozy de "récidiver".  Dans sa lettre ouverte, le syndicat rappelle les raisons pour lesquelles il a "décidé en conscience d'appeler à voter contre" Nicolas Sarkozy. Ce dernier est ainsi accusé d'avoir "creusé le fossé" entre les Français et la justice, "violé la séparation des pouvoirs", "dégradé la loi", "dénigré le travail des professionnels de la justice", ou encore "affaibli l'autorité judiciaire"...

"Tombereaux d'insultes"

Concluant sa lettre par des "salutations déterminées", le Syndicat de la magistrature affirme par ailleurs qu'il n'est "en rien impressionné" par "les tombereaux d'insultes et de menaces" qu'il dit recevoir par mail depuis quelques jours.

Dans la foulée de la publication de cette lettre ouverte, Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat UMP à la présidentielle, a jugé cet "acte partisan inadmissible" et accusé le syndicat de "bafouer sans vergogne le principe fondamental d'indépendance de la justice".

"Rien n'interdit à un syndicat de prendre position à l'occasion d'une échéance qui, de fait, est lourde d'enjeux pour les principes et les intérêts qu'il défend", lui a déjà répondu le syndicat. "Ou alors, ajoute-t-il, nous vous remercions de faire engager à notre encontre les poursuites qui s'imposent".