Des "emplois fictifs" au procès Chirac

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Des "emplois fictifs" au procès Chirac
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Le tribunal correctionnel a examiné jeudi cinq chargés de mission avec des contrats litigieux.

Les premiers "chargés de mission" de la Ville de Paris, dont les emplois sont jugés comme "fictifs", ont été entendus mercredi par les juges de la 11ème chambre du tribunal correctionnel de Paris. Spécialistes du monde agricole corrézien ou de la veille législative, rédactrice de notes de lectures, ils n'ont pas été poursuivis par la justice et ont été entendus comme simples témoins.

La "cellule corrézienne" à la loupe. Les juges ont d'abord évoqué la "cellule corrézienne" - le nom donné à l'ensemble des "chargés de mission" embauchés car ils étaient originaires de Corrèze ou y travaillaient - avec le cas de Jean-Marie Roche. Embauché entre 1990 et 1995, il était chargé de trier les demandes adressées à Jacques Chirac. A la barre, il a reconnu avoir travaillé depuis la permanence électorale de Jacques Chirac, à Ussel en Corrèze. "J'ai le sentiment d'avoir aidé Jacques Chirac à apporter un plus aux Parisiens. En ce sens, je pense avoir travaillé pour la mairie de Paris", a-t-il dit à la barre.

Des notes de lecture disparues. Annie Demichel, fille d'un élu corrézien, était elle chargée de rédiger des notes de lecture pour le maire de Paris qui n'avait pas le temps de lire lui-même tous les livres qu'il recevait. Cette "khâgneuse, très cultivée" n'a jamais apporté la preuve de son travail, car elle écrivait à la main sur des feuilles volantes, et n'a jamais bénéficié de bureau à la mairie de Paris. Rémy Chardon, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac, a assuré à la barre avoir vu ces fiches. "Elles étaient destinées à Jacques Chirac et à ma connaissance, il les lisait", a-t-il dit.

Des relations floues avec la mairie de Paris. Le tribunal a ensuite entendu Babacar Diop, engagé par la mairie de Paris mais mis à disposition entre 1991 et 1997 de Michel Péricard, député de Meudon et président de la commission des Affaires sociales à l'Assemblée nationale. "Je faisais de la veille législative pour le département de Paris à l'Assemblée", a assuré Babacar Diop à la barre, tout en admettant n'avoir jamais travaillé avec les service juridiques municipaux.

Des missions qui font double emploi ? Le tribunal est rapidement passé sur le cas de Michel Palau avant d'aborder le cas de Pierre Figeac, qui a été embauché comme chargé de mission en parallèle de son activité de secrétaire générale de l'Association internationale des maires francophones - une association créée par Jacques Chirac et soutenue financièrement par la Ville de Paris. A la barre, Pierre Figeac a argué qu'il ne faisait pas le même travail pour les deux entités et que son travail pour la mairie de Paris ne bénéficiait pas à l'AIMF. "Il m'a semblé normal que je perçoive une rémunération complémentaire pour le travail que j'effectuais pour la Ville de Paris", a-t-il ainsi déclaré.

> La troisième journée d'audience, minute par minute, c'est ici.