Des élèves roms relégués… au gymnase

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Des élèves roms relégués… au gymnase
@ Max PPP
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Des associations jugent cette décision du maire de Ris-Orangis "discriminatoire."

La solution a été trouvée avec l'aval de l'inspection académique, mais elle est jugée "honteuse et scandaleuse" par les associations. Treize Roms sont scolarisés dans une annexe de gymnase municipal de Ris-Orangis, dans l'Essonne. Une salle de classe "improvisée" située en bordure de la nationale 7, tout près du campement de Roms où ils sont installés depuis cet été.

Une solution "pratique". C'est le maire socialiste de la ville, Stéphane Raffalli, qui a pris cette décision en raison des "classes surchargées" de l'école primaire de Ris-Orangis. Il a donc opté pour cette solution "pratique car tout près du bidonville".

L'élu explique également que la municipalité n'est pas en capacité de "gérer une aussi grande pauvreté". "Je veux bien faire preuve de solidarité, mais j’ai aussi à tenir compte de la nécessaire cohésion sociale", ajoute-t-il.

Une décision contraire aux circulaires ? Un argumentaire qui fait grincer bien des dents. Associations de soutiens aux familles roms, syndicats enseignants et élus Front de Gauche ont donc manifesté jeudi devant la préfecture de l’Essonne. Tous dénoncent la mise en place d'une classe ghetto et réclament que les enfants soient scolarisés, comme les autres, dans une école classique.

Alain Goiny, secrétaire départemental de la FSU dénonce la mise' en place de ce dispositif. "On a des enfants qui ne sont pas inscrits à l'école, qui ne sont donc pas élèves, dans un bâtiment qui n’est pas une école, avec des enseignants qui n’ont même pas d’ordre de mission". "Ce que fait le maire de Ris-Orangis est contraire à toutes les circulaires ministérielles sur l’obligation d’intégrer les enfants dans les classes", estime pour sa part Karim Benamer du syndicat majoritaire dans le primaire.

Le Défenseur des droits saisi du dossier. Dénonçant une décision prise en "dehors du cadre de la légalité", les associations ont donc saisi le Défenseur des droits Dominique Baudis. Ce dernier est donc chargé de vérifier si cette décision rentre dans "le cadre juridique". Selon son cabinet, interrogé par Libération, "la question du caractère discriminatoire de cette classe se pose car il y a un accès différencié et non justifié aux services de l’enseignement public à raison de l’origine des enfants".

Le Défenseur des droits soupçonne lui aussi le maire de la ville de ne pas respecter la circulaire de Manuel Valls sur l'obligation de scolarisation des enfants roms et itinérants. Aucun certificat de scolarité n'a été délivré aux enfants roms. Ces derniers ne sont donc officiellement pas inscrits à l'école.

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