Des discriminations du Samu social ?
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Face aux trop fortes demandes d'hébergement en Moselle, le 115 ferait le tri.

Le témoignage. Entassés à quelques mètres de la gare de Metz dans des abris de fortune au milieu des rats, sans chauffage, une trentaine de Roumains ont dû, une nouvelle fois, dormir dehors. Par -10°C. "On se met les uns contre les autres pour se réchauffer. Tout le monde ensemble. On n'a pas le choix", confie au micro d'Europe 1 l'un d'entre eux. "Depuis deux ans, on va à l'école, mais on n'a pas de logement, on vit dehors. Mais il fait froid", ajoute Gabriel, un enfant.

L'explication. Ce n'est pas faute d'essayer. Durant toute la journée de jeudi, Gabriel, ses parents et leurs amis ont appelé le Samu social de Metz, le fameux 115. "Vous êtes sûr que vous nous avez appelé aujourd'hui ?",  interroge une responsable du Samu social. "Oui, bien sûr madame", lui répond poliment, avec un léger accent, l'un des sans abris roumains. "Là, il fait vraiment très, très froid. On ne peut plus rester dehors", ajoute-t-il pour appuyer sa demande, dans un enregistrement diffusé sur Europe 1.

"Vous n'êtes pas prioritaire". La réponse est sans appel : "je comprends, mais pour le moment, vous n'êtes pas prioritaire. Il faut nous rappeler à 21h30 et on verra s'il reste quelque chose", a pu entendre un journaliste d'Europe 1. "Le problème, c'est qu'on les attribue aux personnes de nationalité française et aux demandeurs d'asile pour le moment", répond l'interlocutrice de l'association Relais, qui gère le Samu social à Metz. Un porte-parole de la préfecture de la Moselle a confirmé cette règle à Reuters tout en précisant qu'elle permet en théorie de régler "99% des cas". "Les Roms ne font partie ni de l'une, ni de l'autre catégorie", en précisant que la recherche d'une solution reste néanmoins "inconditionnelle" pour tous.

Des discriminations avérées ? Depuis de nombreuses années, Denis Maciazek, membre du collectif mosellan de lutte contre la misère, se bat contre les discriminations faites pour les places en hébergement d'urgence. "Vous avez la preuve qu'il y a malheureusement des discriminations faites selon le statut des personnes. Qu'on soit français ou étranger, il n'est pas acceptable de dormir dehors dans ces conditions", déplore-t-il.

Jeudi soir, 50 personnes ont encore dormi dans la rue à Metz, selon le collectif. Contacté, le Samu social a promis une solution pour deux familles dans la journée, soit neuf personnes.