Des CRS mangeaient halal à leur insu

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Des CRS mangeaient halal à leur insu
@ MXPPP
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A Rouen, ils regrettent, dans un tract (trop) virulent, de ne pas avoir été prévenus.

C’est lors d’une simple réunion administrative que les CRS de Rouen ont tout découvert. Depuis deux ans, leur cantine leur sert régulièrement de la viande halal sans les en informer. Des filets de dinde ou encore des merguez ou du poulet pour le couscous. Le gestionnaire du mess explique que c’est uniquement par souci d’économie qu’il achetait de la viande hallal, moins chère et plus facile à trouver en grande quantité, selon lui.

Des arguments que ne digèrent pas certains syndicalistes, furieux de ne pas avoir été averti. Une réaction légitime pour Nicolas Comte, secrétaire général d’Unité police SGP. "Qu’on aille acheter la viande la moins chère possible, ça me paraît être de la bonne gestion. Mais je pense qu’à un moment donné, si quelqu’un achetait cette viande halal, il aurait dû se poser la question et se dire que dans le contexte actuel, un peu tendu sur ces questions-là, le mieux c’était soit de s’en abstenir, soit surtout de jouer la transparence et la concertation."

"Payer l’impôt islamiste"

En revanche, Nicolas Comte se désolidarise totalement de son délégué local, auteur d’un tract aux accents proches de l’extrême-droite. "Manger halal, c’est payer l’impôt islamiste", écrit notamment ce syndicaliste de Rouen. La section du syndicat demande à la hiérarchie de mettre fin "à des approvisionnements au rituel étranger à nos coutumes".

"Il serait inutile de vous rappeler que tout musulman qui entre dans notre corporation se voit proposer un régime au regard des us et coutumes de sa religion", écrit encore le bureau local. "Ce qui ne veut pas dire que les catholiques de notre unité doivent avaler toutes les couleuvres qu'on leur propose et que les athées ou agnostiques ne revêtiront pas la burka (sic) après avoir digéré, avec beaucoup de mal, les indigences de nos gérants" du mess des CRS.

La direction des CRS intervient

La direction centrale des CRS, après avoir étudié de près ce document, a fait savoir jeudi qu'elle demandait le "retrait immédiat" du tract.