Des convois exceptionnels sans policiers

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Des convois exceptionnels sans policiers
Les convois exceptionnels ne seront plus encadrés par les forces de l'ordre à partir du 1er novembre prochain. Policiers et gendarmes seront remplacés par des sociétés privées.@ MAXPPP
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Les forces de l'ordre qui les encadraient jusqu’alors vont être remplacées par des sociétés privées.

"Recentrer les forces de l’ordre sur leurs forces de métier", c’est l’objectif de la décision prise par le ministère de l’Intérieur. Policiers et gendarmes n’assureront plus, à partir du 1er novembre prochain, l’encadrement des convois exceptionnels, comme le révèle jeudi Le Figaro. Et ce, alors qu’ils pratiquaient 18.000 escortes par an.

Ce sont des entreprises privées qui auront désormais la charge de ces convois exceptionnels que ce soit des transports de poutres, de transformateur, de bateaux ou de tout autre objet de plus de 25 mètres de long, excédant 4 mètres de large ou pesant plus de 75 tonnes. Seuls les convois exceptionnels très sensibles, comme pour le nucléaire, pourront à l’avenir bénéficier de l’accompagnement des forces de l’ordre.

La surprise du 1er juillet

Dans les faits, ce transfert de compétences est en vigueur depuis le 1er juillet dernier. Ce qui a posé des problèmes à certains transporteurs qui ont eu du mal à s’adapter, pris de cours.

C’est pourquoi les pouvoirs publics ont pris la décision de reporter la mise en application de la mesure au 1er novembre. L’arrêté, daté du 8 août, prévoit une modification progressive. "Les préfets pourront encore faire appel aux forces de l’ordre jusqu’à cette date", a assuré le porte-parole du ministère de l’Intérieur interrogé par Le Figaro.

Ce sont les transporteurs eux-mêmes qui avaient émis le souhait de ce changement d'encadrement. Il y a de cela plusieurs années. La raison ? Policiers et gendarmes n’étaient pas toujours disponibles pour encadrer ces convois et par ailleurs le prix du service avait sérieusement augmenté ces derniers temps. Et Le Figaro de le chiffrer, en moyenne, à 900 euros par homme et par jour.

Mais cette mesure ne satisfait pas entièrement les transporteurs. Et ce, car la "priorité de passage" demandée pour les chargements spécifiques leur a été refusée. Les transporteurs souhaitaient également que les tenues et les gyrophares des sociétés privées soient bleus, comme ceux des forces de l’ordre. Ils craignent que les automobilistes ne respectent pas, à terme, certaines règles de prudence au passage des convois sans policiers ou gendarmes.