Des conteneurs bourrés de pesticides

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Des conteneurs bourrés de pesticides
Les dockeurs français s'inquiètent des pesticides pulvérisés dans les conteneurs@ MAXPPP
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Les dockers français s'inquiètent pour leur santé et dénoncent l'inaction des autorités.

D'où viennent ces pesticides ? Au départ, l'idée est de protéger les consommateurs d'éventuelles contaminations et d'éviter la détérioration des marchandises pendant leur transport. Mais les pesticides pulvérisés dans les conteneurs qui transitent dans tous les ports du monde pourraient avoir des effets secondaires. Les dockers français s'inquiètent donc pour leur santé et dénoncent l'inaction des autorités.

Le chiffre qui inquiète. Un conteneur sur cinq qui arrive dans les ports européens est plein de pesticides, souvent très dangereux pour la santé. Dans le port du Havre, la part monte même à un conteneur sur quatre. En 2010, des douaniers havrais ont ainsi fait constater par un laboratoire que 28 conteneurs sur un échantillon de 117 étaient contaminés.

Le danger. Les gaz pulvérisés dans les conteneurs pour préserver les marchandises pendant le transport sont extrêmement dangereux, potentiellement cancérigènes. Ils peuvent notamment provoquer des crampes, des migraines, des nausées ou encore des lésions des muqueuses. De nombreux travailleurs y sont d'ailleurs exposés : ceux qui pulvérisent les gaz dans le port de départ, ceux qui déchargent et ouvrent les conteneurs à l'arrivée mais aussi les destinataires finaux des marchandises. "Parfois, il n'y a pas d'odeur. Là, on y va franchement et on s'intoxique. On a vu des copains partir jeunes. Notre moyenne d'âge est plus basse de huit ans que la moyenne nationale", s'inquiète sur Europe 1 Patrick Sement, délégué sécurité de la CGT Dockers du Havre.

03.01 Le Havre port docker 930620

© MAX PPP

Le problème. Il n'existe aucune obligation d'indiquer sur les conteneurs qu'un pesticide a été pulvérisé à l'intérieur. Seules des analyses de l'atmosphère à l'intérieur des conteneurs peuvent permettre d'avertir les douaniers ou les dockers du danger. Or, elles sont rarement effectuées. Les travailleurs du port se débrouillent donc avec le système D : ils aèrent les conteneurs pendant une trentaine de minutes. Mais cela reste insuffisant.

Les critiques. Les dockers et les douaniers reprochent aux autorités françaises de ne pas les protéger suffisamment. Ils citent notamment en exemple de l'Allemagne ou des Pays-Bas qui ont pris des mesures pour protéger les travailleurs des ports. Ainsi, des analyses sont obligatoires aux Pays-Bas dès le moindre doute. Et les douanes hollandaises n'interviennent que si un certificat, assurant qu'aucun gaz toxique n'a été détecté et datant de moins de deux heures, leur est fourni.