Des braqueurs islamistes devant les assises

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Des braqueurs islamistes devant les assises
@ MAX PPP
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Huit hommes comparaissent à Paris, dans un dossier de financement des réseaux d'Al-Qaïda.

Huit hommes, dont leur chef, le Franco-Algérien Ouassini Cherifi, comparaissent à partir de lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris. Ils sont accusés dans un dossier de financement présumé du terrorisme islamiste, mêlant djihad et banditisme, fanatisme et caïds de banlieue.

Cherifi, la tête pensante

Cherifi, dit "le Turc", 36 ans, a déjà été condamné en 2002 à cinq ans de prison pour un trafic de faux passeports en lien avec des réseaux islamistes. Dans le dossier jugé jusqu'au 28 janvier par la cour d'assises spéciale (composée uniquement de juges professionnels), il est présenté par l'accusation comme la tête pensante d'un groupe de malfaiteurs dont les braquages devaient servir à financer les réseaux d'Al-Qaïda.

L'arrière-salle d'un restaurant de Clichy-sous-Bois (Seine-St-Denis) acquis par Cherifi, "Le Rendez-vous gourmand", aurait servi de base logistique aux membres du groupe qui, selon des témoignages, tenaient des propos violents, proféraient des menaces ou se proposaient de mourir en martyr.

Aux côtés de Cherifi seront jugés trois autres accusés détenus, Mourad Feridhi, un Tunisien de 39 ans déjà condamné trois fois, notamment pour vol avec arme, Manoubi Ben Hadj Brahim, 34 ans, et Hichem Ezzikouri, 31 ans. Les quatre autres accusés comparaissent libres, sous contrôle judiciaire.

Plusieurs braquages à leur actif

Dans cette affaire, remontant à 2005, le palmarès attribué à la bande consiste en un braquage raté d'une société de transport de fonds (Sécuritas) de Beauvais (Oise) et un vol de sacs de documents dans un site de transport de colis (Chronopost) de Fretin (Nord). A Beauvais, les braqueurs, au nombre de trois ou quatre, portant cagoules et armes, étaient arrivés à bord de trois véhicules, dont un avait servi à enfoncer un portail. Ils avaient fait exploser une charge contre le mur de la salle des coffres, mais la brèche s'était avérée trop étroite, et ils étaient repartis bredouilles.

Sur les indications fournies par un des accusés après son interpellation, les enquêteurs découvraient dans un box de Clichy-sous-Bois un véritable arsenal : dynamite, TNT, fusil d'assaut Kalachnikov, un autre de type Famas, trois revolvers, des chargeurs et plusieurs centaines de munitions, un poste radio-émetteur, un gyrophare bleu et une plaque "police", un pull-over "gendarmerie", des cagoules, bonnets, gants et gilets pare-balles...

Certains accusés ont admis leur participation à l'association de malfaiteurs et à l'opération de Beauvais, mais en niant que leur objectif était le financement du terrorisme.