"Dépeceur de Montréal" : le travail de fourmi de la police

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"Dépeceur de Montréal" : le travail de fourmi de la police
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La police parisienne a minutieusement étudié chacune des pistes fournies sur Luka Rocco Magnotta.

Luka Rocco Magnotta a toujours eu une longueur d'avance sur la police française. C'est après dix jours de cavale via Paris, que l'homme soupçonné d’avoir tué et dépecé un étudiant chinois le 25 mai dernier, a finalement été arrêté lundi à Berlin. Comment la police française a-t-elle procédé pour mener son enquête ?

Selon des informations d'Europe 1, les enquêteurs ont été alertés de la présence de Luka Rocco Magnotta en France le 31 mai, soit quatre jours après son arrivée dans la capitale. Un retard que la police judiciaire parisienne a eu de grandes difficultés à rattraper. Et pourtant, elle a minutieusement étudié chaque indice.

Le portable récupéré par un agent

Tout d'abord, la police effectue ses recherches autour du numéro de carte bancaire de Luka Rocco Magnotta. C'est l'unique élément utile que les autorités canadiennes lui ont fourni. La carte a été utilisée pour retirer de l'argent près de la place de Clichy, dans le 17e arrondissement de Paris. L'agence est placée sous surveillance 24 heures sur 24. Sans résultat. Et pour cause, dès le jeudi soir, quelques heures seulement après la diffusion de sa photo dans le monde entier, Luka Rocco Magnotta avait quitté la France.

Ensuite, il y a le téléphone mobile de Luka Rocco Magnotta. Mais l'objet a amené les enquêteurs sur une mauvaise piste. Les policiers avaient en effet la certitude que le "dépeceur" canadien se trouvait toujours à Paris vendredi puisque son téléphone continuait d'émettre. Sauf que le tueur présumé s'était débarrassé de son téléphone dans une poubelle du métro. En réalité, le mobile avait été récupéré par un agent de nettoyage qui s'en est servi pour appeler chez lui, en Afrique. Ces appels vers l'étranger ont finalement mis la puce à l'oreille des enquêteurs.

Ces derniers se sont donc reconcentrés sur les quelques pistes matérielles laissées par  Luka Magnotta. Les enquêteurs ont contrôlé quelque 130 hôtels de l'agglomération parisienne pour retrouver la chambre du fuyard. Après avoir retracé son parcours allant de Clichy-la-Garenne, au quartier des Batignolles, en passant par Bagnolet, la police judiciaire s'est attardée sur ce dernier point. L'hôtel où il a séjourné pendant deux jours se trouve en effet à proximité de la gare routière internationale.

Interpol se félicite de "l'interpellation rapide"

Les policiers se sont donc rendus dans cette gare pour visionner des heures d'images de vidéosurveillance. Ils ont également présenté la photo du "dépeceur" canadien aux employés. En vain. Ce n'est que lundi matin, après des heures de visionnage, que la police judiciaire a constaté que Luka Rocco Magnotta avait pris le bus Eurolines en direction de Berlin, jeudi soir, à 19h30.  Le dépeceur canadien a effectué son voyage à Berlin sous une fausse identité en utilisant le nom de Tramell - du nom de Catherine Tramell, un personnage joué par l'actrice Sharon Stone dans le film Basic Instinct.

Quoiqu'il en soit, Interpol s'est félicité lundi de la coopération internationale de la police qui a conduit à "l'arrestation rapide" de Luka Rocco Magnotta. L'arrestation en Allemagne du tueur canadien "met en lumière le rôle essentiel de la coopération internationale de la police et du partage des renseignements dans les enquêtes sur les fugitifs", souligne dans un communiqué l'organisation policière internationale. Celle-ci rappelle qu'elle avait diffusé, à la demande des autorités canadiennes, une demande d'arrestation en vue d'extradition (notice rouge) à l'encontre de Luka Rocco Magnotta.