Demongeot : Camaret "était répugnant"

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Demongeot : Camaret "était répugnant"
@ Max PPP
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L'ex-joueuse a raconté devant la cour d'assises les viols que Régis de Camaret lui a fait subir.

Son calvaire à duré neuf ans. Au deuxième jour du procès de Régis de Camaret, l'ancien entraineur jugé depuis jeudi pour viols et tentatives de viols sur plusieurs de ses anciennes élèves, l'heure est aux confrontations. Isabelle Demongeot, l'ex-championne de tennis, a donc livré, devant la cour d'assises de Lyon, un témoignage accablant contre son ancien entraîneur, qu'elle accuse de l'avoir violée dès ses 12 ans.

"J'ai été réveillée soudainement"

En larme et les jambes tremblantes, l'ancienne numéro 2 du tennis féminin français, âgée de 46 ans aujourd'hui, a livré à la cour un témoignage éprouvant par la douleur qui en émane. Visiblement, Isabelle Demongeot souffre encore lorsqu'elle raconte les viols répétés qu'elle a subi dès son intégration au centre de formation de Régis de Camaret à Saint-Tropez.

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Elle affirme qu'elle a été contrainte de partager la chambre de son entraîneur dès sa première rencontre à Roland Garros, à 12 ans, "sous prétexte que ça coûtait cher". "Je dormais profondément lorsque j'ai été réveillée soudainement par une main sur mon corps d'enfant, une grosse main qui s'est glissée dans ma culotte", témoigne l'auteure du livre Service volé.

"Toujours le même processus"

La scène se reproduira à de multiples reprises. "C'était toujours le même processus : d'abord la main dans la culotte, les caresses, puis parfois sa tête entre mes jambes et la pénétration, souvent la sodomie. C'était répugnant. Ses doigts étaient sales, sa respiration forte. C'était un corps d'enfant face à un corps d'adulte", confit-elle dans un souffle.

La sportive affirme que le même manège s'est poursuivi pendant neuf ans, sans toujours le confort d'une chambre d'hôtel, dans des cagibis ou dans une voiture. "Son emprise sur moi était totale, il contrôlait tout, j'étais incapable d'en parler à ma famille ou aux autres filles du centre et il disait qu'il était indispensable à ma réussite", a commenté Isabelle Demongeot devant la cour attentive.

Une plainte en 2005

Ce n'est qu'à 23 ans, au retour de Wimbledon, qu'elle quittera la structure, sans toutefois en avancer la raison. En 1990, elle tente d'en parler à Philippe Chatrier, président de la Fédération française de tennis. En vain selon elle. C'est un médecin qui finira par soupçonner des viols dans son enfance et qui l'amènera à parler.

En 2005, elle dit être partie à la recherche de ses anciennes camarades et des joueuses de Saint-Tropez. Pour une vingtaine d'entre elles, qui disent avoir été abusées, les dépôts de plainte arriveront trop tard, les faits présumés étant prescrits. Seuls deux cas, plus récents, étayent aujourd'hui les poursuites de viols et tentatives de viols engagées contre Régis de Camaret.

Camaret impassible

A la droite de la salle, l'ancien entraîneur des joueuses est resté impassible. Il écoute, le visage totalement dénué d'expression, le récit d'Isabelle Demongeot. Et quand enfin il prend la parole, c'est pour rectifier une date de tournoi. Pour le reste, il affirme n'avoir jamais violé Isabelle Demongeot et parle "d'une histoire d'amour consentie" qu'il fait remonter à 1983, alors qu'Isabelle Demongeot avait 17 ans. "Mais je ne l'ai pas violée quand elle était jeune, je n'ai pas vécu la même chose qu'elle."

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Une défense en fond de cour, a commenté écœuré un avocat de la partie civile. Convaincu que rien désormais, aucune émotion, aucune douleur, ne fera sortir Régis de Camaret de sa ligne de défense. La comparution de Régis de Camaret intervient après un chemin judiciaire semé d'embûches. La cour d'appel d'Aix-en-Provence avait prononcé un non-lieu en 2009, une décision invalidée en 2011. L'homme encourt 20 années de prison. Le verdict sera rendu le 23 novembre.