De retour après des mois en Afghanistan

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De retour après des mois en Afghanistan
@ REUTERS
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TEMOIGNAGE - Un premier contingent français a quitté l'Afghanistan. 800 autres hommes vont suivre.

En mission en Afghanistan, loin des leurs, les soldats français ont souvent la même obsession : le moment des retrouvailles. Après plusieurs mois de l’autre côté du monde, le retour parmi les siens est plus qu’un moment très attendu : c’est une perspective qui permet de tenir. 200 soldats engagés en Afghanistan viennent tout juste de rentrer. Il s'agit du premier contingent français à quitter l’Afghanistan cette année. 800 autres soldats doivent suivre d'ici à la fin 2012. Témoignages de militaires à peine débarqués du front afghan.

Rejoindre rapidement son enfant de quatre ans

Sous l’aspect strict de l’uniforme, le caporal Anne-Charlotte bouillonne : de retour d’Afghanistan, cette militaire n’en peut plus d’attendre dans cette caserne de Lorraine. Elle vient d’y arriver mais sa permission n’a pas encore débuté, elle ne peut donc pas encore rejoindre sa famille.

Anne-Charlotte n’a pourtant qu’une idée en tête : rejoindre son petit garçon de quatre ans qu’elle n’a pas revu depuis quatre mois. Les yeux humides, elle imagine déjà les retrouvailles dans son domicile du nord de la France. "Ce qu’a fait mon petit garçon à l’école, ce qu’il n’a pas fait, les bêtises... c’est plus des choses comme celles-là que nous allons nous raconter", confie-t-elle.

"C’est ce qui m’a permis de tenir"

"Là, j’ai hâte", s’impatiente Anne-Charlotte, qui n’a désormais qu’un projet : " prendre mon petit garçon, se retrouver tous les deux et aller se promener, lui offrir ce que j’aurais dû lui offrir pendant quatre mois". Bref, "passer du temps avec lui sur des activités un peu banales mais qui sont importantes à ses yeux et pour moi", poursuit-elle.

Ce moment est d’ailleurs non seulement une délivrance, mais aussi une béquille sur laquelle s’appuyer lorsque les temps sont durs. "D’y avoir pensé, de savoir qu’à un moment ou un autre j’allais les retrouver, c’est ce qui m’a permis de tenir, tout simplement", confirme Anne-Charlotte.

Grâce à Internet, "être tous les jours en contact"

Pour aider ses troupes à patienter, l’armée française a désormais de solides atouts technologiques. Par webcam interposée, le caporal-chef Stéphane a régulièrement pris des nouvelles de ses enfants âgés de onze et six ans. "On est toujours content de rentrer, bien sûr : retrouver la famille, tout cela… on est soulagé", témoigne Stéphane, avant de souligner l’apport d’Internet.

"On peut tous les jours être en contact, sans problème", confirme-t-il, avant d’apporter une nuance : "cela ne remplacera jamais la réalité". Les enfants de Stéphane ont-ils trouvé le temps long ? "Celle de onze ans, oui, mais le petit…", confie-t-il, avant de dévoiler l’étrange décompte mis en place avec son plus jeune enfant : "ça marche par 'dodos'".

Après avoir compté les "dodos" qu’il restait jusqu’à leurs retours, le caporal Anne-Charlotte et le caporal-chef Stéphane vont enfin pouvoir regarder leurs enfants s’endormir… en attendant la prochaine mission.