DCRI : un commissaire soupçonné d'avoir giflé une avocate

  • A
  • A
DCRI : un commissaire soupçonné d'avoir giflé une avocate
@ MAXPPP
Partagez sur :

La jeune femme, qui a porté plainte, défendait un homme entendu par la DCRI. Une enquête préliminaire a été ouverte.

L'avocate aurait été giflée... par un commissaire de police. Une jeune femme, qui exerce dans les Hauts-de-Seine, a porté plainte le 1er avril pour "violences volontaires aggravées". Elle accuse un commissaire de police de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) de l'avoir giflée et insultée. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Nanterre. Elle a été confiée à l'IGPN, la police des polices, qui a depuis confronté l'avocate au commissaire de police.

"Petite conne". Les faits remontent au 1er avril. Un consultant informatique est convoqué à la DCRI, à Levallois-Perret. Il doit être entendu dans le cadre de l'enquête ouverte sur l'identité du suspect de l'attentat-suicide commis en Bulgarie, contre un bus transportant des touristes israéliens, en juillet 2012. Placé en garde à vue, le consultant bénéficie alors d'une avocate commise d'office et invoque son droit au silence. Au départ, la garde à vue se déroule donc de manière tout à fait classique. Jusqu'au moment où le commissaire qui auditionne le client de l'avocate lui signifie qu'il n'a rien à lui reprocher. L'avocate suggère donc au commissaire de faire figurer ce point important à la procédure. Elle demande également que son client soit remis en liberté.

Là, le commissaire âgé de 55 ans, aurait giflé la jeune femme. en la traitant de "petite conne". Il serait ensuite sorti précipitamment de la pièce. Choquée, l'avocate pense toutefois à prendre en photo sa joue endolorie. Elle se rend ensuite à l'hôpital franco-britannique de Levallois, où, après avoir été examinée, elle obtient un jour d’Interruption temporaire de travail (ITT). Dans la foulée, elle porte plainte.

Parole contre parole. Le lendemain, elle est entendue à l'IGPN et confrontée au commissaire de police, présenté comme un fonctionnaire expérimenté. Ce dernier nie avoir été violent avec la jeune femme. Europe 1 a pu le contacter et il ne souhaite pas faire de commentaire. Mais ceux qui le connaissent, policiers et magistrats n'y croient pas. Ils décrivent en effet un grand professionnel. Sauf que, l'avocate, âgée de 37 ans, jouit de la même réputation auprès de ses collègues des Hauts-de-Seine.

"Une situation extrêmement humiliante". Le bâtonnier des Hauts-de-Seine s'est exprimé en personne sur cette affaire. "Il est arrivé ce qui peut arriver de pire à un avocat. La situation est extrêmement humiliante et elle a besoin de se reconstruire. C'est une blessure morale très importante. Je n'ai jamais vu ça, aucun de ses prédécesseurs au barreau de Haut-de-Seine n'ont vu ça. C'est extraordinaire parce que dans un pays où les droits de l'homme sont le pilier de la société une violence policière sur un avocat, c'est inconcevable", commente Olivier Benoit au micro d'Europe 1.

Le rapport rendu au parquet de Nanterre. Depuis mercredi, le procureur de Nanterre a sur son bureau le rapport de la police des polices. Il devrait donc rapidement prendre une décision, sans images vidéo, et avec pour l'essentiel, du parole contre parole. Un casse-tête en perspective.