Dany Leprince, "16 ans d'enfer"

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Dany Leprince, "16 ans d'enfer"
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CHRONO - Retour sur l’affaire dite du "boucher de la Sarthe" devenue un épais dossier judiciaire.

Condamné à une peine de prison à perpétuité en 1997 pour le meurtre de sa belle-sœur, de son frère et de ses nièces, Dany Leprince, surnommé un temps le "boucher de la Sarthe", continue de clamer son innocence. Cet homme de 53 ans, dont 16 derrière les barreaux, avait été remis en liberté sous strict contrôle judiciaire le 8 juillet 2010, la commission de révision des condamnations pénales ayant relevé des failles dans l’enquête. Mais la Cour de révision n'en a pas tenu compte et l'a renvoyé derrière les barreaux le 6 avril 2011. Retour sur les différents épisodes de l’affaire.

5 octobre 2011. Nicolas Sarkozy refuse de gracier Dany Leprince. Son avocat en avait formulé la demande suite au rejet de la requête en révision, fait en avril. Dernier recours possible, la Cour européenne des droits de l'Homme.

6 avril 2011. La Cour de révision rejette la requête de Dany Leprince et ordonne son retour en prison. "Je suis innocent, je ne comprends pas", a protesté Dany Leprince à l'énoncé de la décision qui va à l'encontre de l'avis du parquet général.

17 mars 2011. La Cour de révision réexamine la condamnation de Dany Leprince. "Je suis innocent, je suis très ému aujourd'hui, je pense à ma famille (...) J'ai vécu 16 ans d'enfer sans jamais désespérer, j'ai toujours eu confiance en la justice de mon pays. Je souhaiterais que soit mis un terme à ce calvaire qui perdure pour vivre normalement", a plaidé Dany Leprince. Depuis 1945, seuls six accusés ont bénéficié d'une révision, décrochant finalement l'acquittement après un nouveau procès.

8 juillet 2010.Dany Leprince est libéré de la maison centrale de Poissy, dans les Yvelines. Placé sous strict contrôle judiciaire, il est interdit de Sarthe, Mayenne et Maine-et-Loire. Il vit donc avec sa nouvelle femme, qui l’a épousé en prison, à Marmande, dans le Lot-et-Garonne.

1er juillet 2010. La commission de révision des condamnations pénales relève des failles dans l’enquête. "Aucune preuve matérielle mettant en cause Dany Leprince n'a été établie", assène la commission : "aucune trace de sang", l’arme "récupérée dans des conditions dénuées de toute fiabilité" et un massacre accompli selon les témoignages dans un temps trop court pour être vraisemblable.

Enfin, "le major Monnier, commandant à l'époque de la brigade de gendarmerie du Mans, a entretenu avec les familles respectives de Martine Compain - l'ex-femme de Dany Leprince - et de Nelly Hatton (la nounou de Solène) des rapports incompatibles avec la procédure en cours", stipule la commission, qui s'interroge même sur la présence sur les lieux de Dany Leprince dans le créneau horaire des crimes..

4 janvier 2008. Un policier envoie une lettre au juge. Il y rapporte les propos d’un oncle de Martine, divorcée de Dany depuis. Le policier accuse l’ex-femme du condamné d’avoir commis les meurtres.

20 mars 2006. Les avocats de Dany Leprince saisissent le Commission de révision, seule habilitée à revenir sur les condamnations pénales.

16 décembre 1997. Dany Leprince est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de 22 ans de sûreté, par la cour d’Assises sarthoise. Il met en cause sa femme Martine. Ses avocats avancent la thèse d'un amant et racontent que Martine avait déjà menacé de mort Brigitte, sa belle-sœur.

8 septembre 1994. Martine, la femme de Dany Leprince, prévient les gendarmes : son hachoir, une feuille de boucher qui a servi lors du crime, a disparu. Interpellé, Dany Leprince avoue une partie des faits en garde à vue, évoquant un emprunt d’argent que son frère lui aurait refusé. Avant de se rétracter, et de clamer son innocence.

5 septembre 1994. Les corps du frère de Dany Leprince, Christian, âgé de 34 ans, de sa femme Brigitte, 36 ans, et de deux de leurs filles (Sandra, 10 ans, et Audrey, 6 ans) sont découverts à leur domicile de Thorigné sur Dué, dans la Sarthe. Les cadavres sont mutilés. La petite dernière du couple, Solène, 2 ans, a été épargnée.