Dans les coulisses des sondages

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Dans les coulisses des sondages
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ENQUETE - Etre rémunéré pour répondre à un sondage est légal, mais est-ce souhaitable ?

Etre payé pour répondre à des sondages, ça existe. Pour un produit "politique", comme pour vendre une machine à laver, une personne qui répond à une enquête qualitative peut être rémunérée en toute légalité sous forme de bons d’achat ou encore des places de cinéma.

"J’ai été tiré au sort"

Mais en répondant sur Internet, certains ont trouvé un moyen d’arrondir leurs fins de mois. C’est le cas de Jacky qui a reçu un chèque de 100 euros, il y a quelques mois. "Je m’étais inscrit pour pouvoir donner mon avis sur les programmes de télé et j’ai été tiré au sort pour gagner un prix", explique-t-il sur Europe 1. Sur le web, tous les instituts fonctionnent de cette façon. Et c’est légal.

Mais pour Gaël Slimane de BVA, le levier financier doit être utilisé avec précaution. "Les gens qui répondent à ces sondages, sont des gens qui, soit ont envie de gagner un cadeau ou un dédommagement, soit qui ont l’impression d’avoir quelque chose de très intéressant à raconter", estime le spécialiste. "Or, on doit interroger toutes les tranches d’âges, toutes les catégories de la population dont les gens qui n’ont rien à gagner. Il y a des gens qui ne sont pas motivés par l’argent que ce type de sondage aura du mal à appâter", analyse-t-il.

"C'est quelque chose qui me semble contestable" :

"Interroger des gens en leur proposant de gagner quelque chose, ce n’est pas interdit, ça peut être une bonne idée quand on veut toucher des catégories de population bien précises. Mais le faire sur de l’intention de vote auprès du grand public, en essayant de représenter toutes les catégories de Français, notamment les plus âgés, c’est quelque chose qui me semble contestable", conclut-il.

"On n’est pas panéliste pour gagner de l’argent"

Pour Jérôme de Sainte-Marie, de l’institut de sondage CSA, la rémunération est une bonne chose. Puisqu’elle "n’est pas liée au sondage lui-même, elle est liée uniquement au fait d’être inscrit et d’être actif sur ces panels d’internautes. C’est juste pour donner un petit élément matériel motivant la participation", explique-t-il. "C’est vraiment pas des sommes considérables. On n’est pas panéliste pour gagner de l’argent, sincèrement ça ne vaut pas le coup. Mais ces cadeaux ne sont pas liés à leurs réponses", ajoute-t-il.

"S’il n’y avait pas de rétribution des panélistes, les panels perdraient rapidement leurs membres et on aurait uniquement des gens très motivés qui accepteraient de répondre et ça ce serait très embêtant", estime le spécialiste. Mais certains députés socialistes ne sont pas du même avis. Les sénateurs planchent, en ce moment, sur un texte visant à interdire la publication de tout sondage obtenu après rémunération.