Crash du Concorde : Continental ciblé

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Crash du Concorde : Continental ciblé
Le parquet général a requis mercredi devant la cour d'appel de Versailles la condamnation de Continental Airlines et d’un ancien cadre de l'Aviation Civile pour leur responsabilité dans la crash.@ Reuters
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Le réquisitoire du procès en appel charge la compagnie américaine et un ancien de la DGAC.

Le procès en appel sur les responsabilités dans le crash du Concorde d’Air France en juillet 2000 touche à sa fin. Le parquet général a requis mercredi devant la cour d'appel de Versailles la condamnation de Continental Airlines et d’un ancien cadre de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) pour leurs responsabilités dans l’accident.

L’amende maximale requise contre Continental

L'avocat général Michel Debacq a requis une amende de 225.000 euros, le maximum encouru pour homicides involontaires, à l'encontre de la compagnie américaine, et 18 mois de prison avec sursis contre Claude Frantzen, 74 ans, ancien responsable à la DGAC, autorité en charge de la sécurité aérienne.

En première instance, Continental avait été condamnée à une amende plus légère de 200.000 euros pour l'accident qui a fait 113 morts le 25 juillet 2000 à Gonesse, dans le Val-d'Oise, et Claude  Frantzen avait été relaxé.

Selon l'avocat général, un DC10 de Continental Airlines a déclenché la catastrophe, en perdant une lamelle métallique sur la piste de décollage du Concorde à Roissy. Après avoir roulé sur cette pièce, un pneu du supersonique a éclaté, perforant le réservoir et provoquant l'inflammation du kérosène.

La compagnie aérienne voit un progrès depuis 2010

Pendant le procès, qui a duré plus de trois, Continental Airlines avait fait citer plusieurs témoins disant avoir vu le Concorde en feu avant même d'avoir roulé sur la lamelle. "L'avion fait 80 mètres en une seconde, il est donc très difficile pour des témoins très éloignés d'avoir une vision précise", a objecté Michel Debacq. "Rien ne permet de dire qu'il y ait eu quoi que ce soit avant", a-t-il ajouté.

De son côté, Olivier Metzner, avocat de Continental Airlines, s'est félicité devant la presse d'"un progrès" par rapport à 2010, parce que "certaines fautes retenues contre Continental ont été exclues". "Nous irons jusqu'au bout pour dire qu'aucune faute ne peut être retenue contre Continental" a-t-il ajouté.

"C’est Gonesse qui envoie son préavis"

En ce qui concerne les responsabilités françaises, l'autre avocat général, Jean-Louis Bernadeaux, a reproché à Claude Frantzen d'être "resté pendant 15 ans aveugle et sourd aux incidents ayant émaillé la vie de l'appareil".

Avec les incidents de pneus de 1979, 1985 et 1993, "c'est Gonesse qui envoie son préavis", a lancé Jean-Louis Bernadeaux, reprochant à Claude Frantzen de n'avoir pas suspendu le certificat de navigabilité du Concorde en 1993. "Il a contribué au maintien en vol d'un avion au nom du prestige qu'il représentait, au détriment de la sécurité", a renchéri Michel Debacq.

L'avocat de Claude Frantzen, Daniel Soulez Larivière, a dénoncé des réquisitions "extravagantes" et "totalement inappropriées". Le procès doit s'achever lundi, après les plaidoiries de la défense. La cour d'appel ne rendra sa décision que dans plusieurs mois.